Une employée de pharmacie retire de la vente du lait infantile Lactalis suspecté d’être contaminé par la salmonelle, à Anglet, le 11 décembre 2017. — Bob Edme/AP/SIPA


  • Lactalis a ordonné, en décembre, le rappel de lait contaminé aux salmonelles.
  • Les principaux distributeurs ont reconnu avoir vendu des lots malgré ce rappel.
  • Les familles des nourrissons touchés menacent de déposer plainte.

La polémique continue d’enfler. Après Leclerc mardi, les principaux groupes de distribution alimentaire ont reconnu avoir vendu des lots de lait contaminé aux salmonelles dont le retrait avait pourtant été ordonné après la découverte, le 1er décembre, d’une contamination dans l’usine Lactalis de Craon (Mayenne).

 

Si tous les nourrissons touchés par la maladie sont aujourd’hui hors de danger, les familles ne décolèrent pas et menacent désormais d’engager des actions en justice à l’encontre des distributeurs. 20 Minutes fait le point sur toute cette polémique…

  • Quelles sont les enseignes qui ont vendu des produits Lactalis malgré le rappel ?

Le groupe Leclerc a été le premier, mardi, à reconnaître avoir vendu, dans les rayons de ses magasins, 984 produits Lactalis alors qu’ils étaient visés par la procédure de rappel.

 

Dans la foulée, mercredi, plusieurs distributeurs ont annoncé, chacun à leur tour, avoir eux aussi vendu des produits issus de lots rappelés : 434 bouteilles de lait infantile et de préparations à base de céréales pour Carrefour, 383 boîtes de lait pour Système U, 52 pour Auchan et 72 produits pour Cora.

C’est quoi cette histoire de lait Auchan Carrefour Cora Intermarché Leclerc Systeme U ?

  • Pourquoi les produits ont-ils été vendus malgré la procédure ?

Un « bug inadmissible » pour Michel-Edouard Leclerc. Une « gestion chaotique de la crise », pour Thierry Cotillard, le président d’Intermarché. La procédure de rappel varie d’une enseigne de distribution à l’autre. Dans la majorité des cas, c’est au responsable de chaque rayon de retirer les lots incriminés de ses gondoles. Il dispose normalement du numéro de chaque lot pour le faire.

Pour expliquer le dysfonctionnement, Leclerc évoque « à ce stade » des difficultés liées à la succession de rappels opérés par Lactalis alors qu’une opération promotionnelle, décidée trois mois en amont sur ces mêmes produits, était en cours. « Les stocks seraient arrivés en magasin avec un étiquetage différent. »

  • Les autorités ont-elles supervisé les opérations de retrait ?

Directrice générale de la répression des fraudes (DGCCRF), Virginie Beaumeunier a indiqué, mercredi, que ses services avaient effectué « plus de 2.000 contrôles » après le rappel des lots Lactalis incriminés. Mais, a-t-elle insisté, « chacun est responsable à son niveau ». Autrement dit, les services de la DGCCRF n’ont pas les moyens humains de contrôler chaque enseigne vendant les lots.

 

  • Que risquent les enseignes qui ont failli ?

La DGCCRF a rappelé, mercredi, que le fait de ne pas procéder au retrait de lots incriminés pouvait constituer « une infraction pénale ». Elle a aussi précisé que le résultat de ces contrôles serait connu vendredi. Mais pour les enseignes, la menace de sanctions pourrait également venir de familles qui ont acheté et consommé du lait contaminé aux salmonelles.

 

Ségolène, dont le fils Noan, a été infecté a ainsi confié à 20 Minutes, mercredi, qu’elle comptait déposer une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. « Nous n’arrivons pas à en sortir, s’emporte cette Toulousaine de 29 ans. Tous les deux jours, il a de la fièvre et des rechutes alors que l’on n’arrête pas de nous dire que tous les autres enfants vont bien… »

  • Combien d’enfants ont été contaminés par des lots défectueux ?

Au 9 janvier, l’agence Santé publique France a recensé 35 nourrissons atteints de salmonellose et ayant consommé un lait ou un produit d’alimentation infantile provenant de l’usine de Craon, dans les trois jours avant le début de leurs symptômes. Au total, 18 bébés ont été hospitalisés pour leur salmonellose mais tous sont aujourd’hui sortis de l’hôpital, selon la même source.

Ségolène, la maman du petit Noan, assure toutefois avoir recensé 3.000 familles concernées par le problème dans l’association qui a été créée et dont elle assure la vice-présidence. Elle vient aussi de lancer une pétition pour réclamer un meilleur contrôle de « ce que mangent les enfants ».


V. Vantighem (avec B. Colin, à Toulouse),  —