Quand il fait ses courses, Adrien étudie avec minutie les étiquettes des produits pour identifier leurs composants. — G. Varela / 20 Minutes

  • Le hors-série de « 60 Millions de consommateurs » dévoile une large enquête sur les aliments dangereux pour la santé.
  • Faire la chasse à la charcuterie, aux aliments trop gras, trop sucrés, trop salés peut ressembler à un véritable casse-tête.
  • Sans bannir ou s’angoisser, « 20 Minutes » propose cinq conseils pour faire le tri, remplacer et équilibrer ses repas.

Se nourrir d’amour et d’eau fraîche ? C’est un peu ce qu’on risque de conclure à la lecture du hors-série de 60 millions de consommateurs paru ce jeudi sur Ces aliments qui nous empoisonnent. 

Un magazine qui épingle viande, laitages, charcuterie, sucre partout, sel en surplus et tout type d’additifs dissimulés dans nos assiettes… « Le premier réflexe peut être : mais qu’est-ce qui nous reste ?, avoue Adeline Trégouët, rédactrice en chef des hors-séries de 60 millions de consommateurs. Mais on espère aider le consommateur à faire le tri. Après, il vote avec son panier. » Justement pour garnir son cabas sans paniquer et sans culpabiliser, petit tour de cinq réflexes à prendre (progressivement) pour ceux qui aimeraient manger mieux à défaut de manger parfaitement sain…

« C’est moi qui l’ai fait ! »

On n’est jamais mieux servi que par soi-même… On le sait, pour éviter de s’empoisonner, le premier bon réflexe de bon sens, c’est de cuisiner maison. Un challenge aujourd’hui avec des emplois du temps un poil chargés… Mais sans se mettre une pression insurmontable, certains conseillent d’identifier les plats simples et pas trop chronophages à faire chez soi. « C’est pas si compliqué de préparer une sauce tomate plutôt que verser une sauce industrielle riche en sucre qu’on va en plus saler… », avance Adeline Trégouët.

Pour manger plus sain, mieux vaut cuisiner des produits bruts plutôt que consommer des produits transformés.
Pour manger plus sain, mieux vaut cuisiner des produits bruts plutôt que consommer des produits transformés. – Pixabay

Choisir aussi des vrais fruits plutôt que des compotes ou jus bourrés de sucre, faire une quiche ou un gâteau avec ses petites mains… Et le magazine de rappeler que « la quantité de sucres d’une préparation industrielle peut être 4 fois plus élevée » que celle d’un dessert maison. « S’il vaut mieux éviter le tout préparé, on peut cuisiner du surgelé quand ce sont des ingrédients naturels », complète Nathalie Sprung, nutritionniste.

Equilibrer sur la semaine

Eviter le très gras, le très sucré, le très salé, le très transformé, voilà un message clef… qui peut faire paniquer. On fait comment quand on a dix minutes pour faire le dîner et qu’on a très envie de confiserie ? Rassurez-vous, pas besoin de vider vos placards. « En nutrition, c’est rarement blanc ou noir, nuance Anthony Fardet, chercheur en alimentation préventive et holistique et auteur de Mangeons vrai, Halte aux aliments ultra-transformés ! Rien ne sert de bannir certains aliments, mais il est plus conseillé d’équilibrer vos repas. Vous avez droit aux aliments ultra-transformés à condition qu’ils restent l’exception. Et le calcul se fait sur la semaine entière ! » Avec quel repère pour ne pas faire pêter son score ? « Ne pas aller au-delà d’une confiserie et un soda par jour par exemple. »

« Il ne s’agit pas de diaboliser tous les produits ! tempère Adeline Trégouët. Certains sont plus vertueux que d’autres : on liste les 50 additifs les pires à éviter en raison de tous les troubles de la santé qui y sont liés. Mais il y a des industriels qui font des efforts. » Et pour elle, pas de doute, cette vigilance peut entraîner un cercle vertueux : « à partir du moment où le consommateur privilégie des aliments de meilleure qualité, les industriels suivent. On l’a vu pour le bio et les produits ménagers. »

Remplacer les bombes malsaines

Plutôt que de décider de ne manger que des graines, beaucoup proposent de remplacer. Alors que le printemps s’installe et avec lui la perspective de quelques apéros, dur de s’imaginer renoncer à ce moment de plaisir gras. Mais le magazine propose quelques astuces… Comme remplacer saucisson et cacahuètes par des noix de cajou (un peu moins caloriques et plus nutritives, même s’il faut se limiter…), légumes découpés, des billes de melon, des sauces faites de yaourt nature avec menthe, curry, concombre…

Une assiette de fruits, meilleure que des compotes et yaourts aux fruits.
Une assiette de fruits, meilleure que des compotes et yaourts aux fruits. – Pixabay

Et gare aux clichés sur les aliments sains. Exemple typique : les yaourts aux fruits. « Le yaourt est perçu comme un produit sain avec raison d’ailleurs car la réglementation prohibe les additifs. Mais dans les yaourts aux fruits, le mélange pour donner le goût du fruit joue le rôle de véritable cheval de troie. On a retrouvé jusqu’à douze additifs destinés à compenser le manque de saveur car les fruits sont en quantité insuffisante. »

60 millions@60millions

: la réglementation interdit l’ajout d’ dans les yaourts ? Pas grave, les industriels ont trouvé la solution : ils ajoutent , et autres dans les mélanges de fruits des yaourts. https://www.60millions-mag.com/2018/04/12/ces-aliments-qui-nous-empoisonnent-11717 

Ces aliments qui nous empoisonnent | 60 Millions de consommateurs

Trop de produits industriels contiennent des ingrédients nocifs. 60 Millions dénonce les dérives d’une alimentation ultratransformée à notre insu.

60millions-mag.com

 

Mieux vaut donc prendre pour dessert un yaourt nature avec des fruits coupés, du miel, de la confiture. Pareil pour la poudre au cacao, qui contient jusqu’à 86 % de sucre. Les parents peuvent mixer de la vraie poudre de cacao avec un peu de sucre plutôt que proposer cette bombe de sucre chaque matin à leur progéniture.

Traduire les étiquettes

Avec un allié pour chercher à manger mieux : les étiquettes. En faisant la chasse à celles qui indiquent quantité d’additifs et autres exhausteurs de goût. « Mais c’est compliqué de se repérer dans les rayons et de faire ses courses avec une loupe ! reconnaît Adeline Trégouët de 60 Millions de consommateurs. Qui conseille de prendre le temps, chez soi d’observer les produits qu’on consomme régulièrement.

Quand il fait ses courses, Adrien étudie avec minutie les étiquettes des produits pour identifier leurs composants.
Quand il fait ses courses, Adrien étudie avec minutie les étiquettes des produits pour identifier leurs composants. – G. Varela / 20 Minutes

C’est bien le sujet de ce hors-série, traduire ces étiquettes n’est pas une tâche aisée. « C’est de plus en plus difficile de se repérer pour les consommateurs, soucieux de leur santé car il y a de plus en plus d’entourloupes, reprend-elle. De plus en plus d’emballages mettent en avant le fait que ces produits contiennent des vitamines, sont sains, sans sucre, sans gluten… Par exemple, le mot légume apparaît en gros sur un bol de nouilles instantanées et en fait il ne contient que 0,4 % de légumes. Pareil pour la charcuterie, certains jambons affichent sans nitrite, mais en réalité contiennent des nitrites naturels, avec le même risque en termes de cancer. »

Comment se repérer alors ? « La première chose à faire, c’est d’inspecter la composition, si le premier ingrédient, c’est le sucre, le sel ou les matières grasses, vous savez que l’aliment n’est pas très sain, résume Adeline Trégouët. Pour déjouer les pièges, il faut se méfier de ce qui est écrit en gros et chercher les informations en petit. Si vous voyez « saveur » ça veut dire additif mais quasiment pas d’ingrédient noble. Pareil, mieux vaut se méfier quand il y a un astérisque… »


Oihana Gabriel,  —