« Ebdo » s’apprêterait à revenir sur la plainte pour viol déposée en 2008 contre Nicolas Hulot par une jeune femme, qui a ensuite été classée sans suite. © FABRICE COFFRINI / AFP


Cela faisait déjà quelques jours que les amis et collaborateurs du ministre de la Transition écologique s’interrogeaient à voix haute sur la sérénité de leur chef, déjà réputé pour être un angoissé. Le cabinet aurait été en proie à « un bordel sans nom (sic) », murmurait même une petite main. Fin janvier, la conseillère en communication Nathalie Mercier claque la porte du ministère. La raison ? Selon un visiteur du ministre, « il ne lui faisait pas confiance ». Sauf que personne ne la remplace. Alors, nombreux au cabinet sont ceux qui s’interrogent sur ses échappées, hors agenda, à Saint-Lunaire, en Bretagne, devenues quasi hebdomadaires. Nicolas Hulot y va pour s’isoler et retrouver les siens. Quand il est à Paris, sa famille vient le voir. Plus régulièrement qu’à l’habitude. Les dossiers, eux, s’empilent boulevard Saint-Germain.

Mercredi matin, la réunion du cabinet – jusqu’ici tenu éloigné de toutes les rumeurs – qui devait être consacrée aux transports et aux chutes de neige est finalement restreinte à quelques collaborateurs. Les rares présents, comme les absents, n’ont guère de doutes : c’est une nouvelle polémique qui s’apprête à frapper le ministre et ses équipes. « Tout va sortir cette semaine », lâche Nicolas Hulot dans un silence assourdissant. Tout, mais quoi ? Le nouveau magazine Ebdo s’apprêterait à revenir sur la plainte pour viol déposée en 2008 par une jeune femme, qui a ensuite été classée sans suite. Nicolas Hulot passe le reste de sa journée à s’isoler ou à errer dans les couloirs de l’hôtel de Roquelaure. Il est là sans être là et cherche à déminer cette crise sans précédent. Celle qu’il appréhendait, pourtant, depuis son retrait de la course présidentielle, quand les rumeurs commençaient déjà à peser. « C’est la crainte de la rumeur qui l’a poussé à renoncer à l’époque », raconte un de ses plus proches amis, au Point.

« Nicolas a peur des rumeurs, oui, c’est pour lui la plus redoutable des calomnies »

Alors, Nicolas Hulot va gérer en solo. Après tout, la communication, c’était « son truc » avant de devenir ministre. Il appelle plusieurs journalistes et, d’après nos informations, il joint même le service politique d’une grande radio nationale pour raconter sa version des faits. Il finit par couper ses téléphones. Le Point a tenté en vain de le joindre mercredi. Sa communication ? Externalisée. L’écolo vedette adapte son plan. Il prévient ses proches, ceux dont il craignait qu’ils ne soient éclaboussés s’il s’était lancé dans la campagne présidentielle. « Nicolas a peur des rumeurs, oui, c’est pour lui la plus redoutable des calomnies. Il est sensible, il a peur pour ses enfants, pour sa famille », confie Jean-Paul Besset, un de ses plus proches amis, qui déplore ce climat de « chasse organisée ». « C’est un peu l’homme à abattre ! » Dans l’urgence, et contre l’avis de ses proches, il cale une interview à la matinale de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi sur BFM TV-RMC, préférant prendre les devants avant la parution d’Ebdo. « Il fait du Nicolas Hulot, s’enferme dans sa coquille, avant de jouer le toréador à la télévision », déplorait, mercredi soir, un de ses fidèles, dépité.

 

Début janvier, ses amis écolos l’invitent à dîner. Le genre de banquet qu’ils aimaient tant faire avant qu’il n’accepte ce maroquin. Le genre où l’on ressasse les vieux souvenirs de la primaire de 2011 face à Eva Joly – celle qui hante encore Hulot – mais aussi la candidature manquée à la dernière élection présidentielle. « C’était plus sage de ne pas y aller. Avec toutes ces rumeurs », analyse a posteriori Nicolas Hulot devant ses camarades, avant de poursuivre dans une ambiance pesante : « Vous savez, ce que j’ai appris, c’est qu’il n’y a vraiment que trois façons de détruire un homme en politique : l’alcool, l’argent et le sexe. » L’un des convives tente alors de détendre l’atmosphère : « Tu ne bois pas, mais tu as beaucoup d’argent, c’est vrai ! » Sous les rires, l’écolo rétorque, énigmatique : « Reste le troisième problème. »

 


PAR ÉMILIE TREVERT ET

Modifié le – Publié le | Le Point.fr

http://www.lepoint.fr/politique/la-semaine-noire-de-nicolas-hulot-08-02-2018-2193316_20.php?boc=1224511&m_i=V5afMbstwghKv2WaNTs27Ar7FjNJZONjn2H8_d%2BtnvQRCEJaUBcJfpDXCWeyhzupHG3sD1XKCjHpL28bfbPqg7OxXSFVV1&M_BT=669846987688#xtor=EPR-6-[Newsletter-Mi-journee]-20180208