Un bâtiment fédéral fermé à Washington, le 22 décembre 2018. (A. CABALLERO-REYNOLDS/AFP)

La situation dure maintenant depuis deux semaines. En raison du bras de fer entre Donald Trump et son opposition démocrate sur le financement d’un mur à la frontière avec le Mexique, l’adoption du budget pour financer les administrations fédérales américaines reste pour l’instant bloquée.

Un « shutdown » qui a des conséquences très concrètes sur le fonctionnement de certains services, et qui pourrait durer encore. Vendredi 4 janvier, Donald Trump a une nouvelle fois défendu son projet de mur à la « dangereuse » frontière sud des Etats-Unis, avertissant qu’il était prêt à ce que la paralysie partielle de l’administration dure plusieurs mois… voire plus d’un an.« Le mur vient » : en plein « shutdown », Trump parodie « Game of Thrones »

Des fonctionnaires non payés ou en congés forcés

Ce « shutdown » a d’abord des conséquences sur quelque 800.000 fonctionnaires américains – sur les 4 millions que comptent les Etats-Unis. Faute d’argent, la moitié de ces 800.000 fonctionnaires est obligée de travailler pour rendre des services jugés essentiels, mais sans être pour l’instant payée, tandis que l’autre moitié est au chômage forcé.

Même si les fonctionnaires contraints de continuer malgré tout de travailler sont presque certains d’être payés rétroactivement, cette situation en expose certains à une fin de mois très difficile, comme le soulignent les histoires publiées sur Twitter sous le hashtag #shutdownstories. Sans parler des contractuels qui, eux, ne récupéreront pas les fonds perdus ces jours-ci.

Selon le « New York Times », neuf départements sont affectés, dont ceux de la Sécurité intérieure et de la Justice. Plusieurs agences fédérales, comme la Nasa ou celle en charge de la protection de l’environnement, sont aussi impactées.

Des parcs et des musées nationaux fermés

Parmi les centaines de milliers de fonctionnaires qui sont au chômage forcé et sans salaire, figurent les 21.000 employés du National Park Service (NPS), responsables de centaines de lieux à travers le pays entre parcs nationaux, monuments et sites historiques.

Fin décembre, le NPS a annoncé qu’il « n’assurerait pas le fonctionnement des parcs pendant le ‘shutdown’ et ne fournirait pas de services aux visiteurs », y compris « les toilettes, le ramassage d’ordures, l’entretien des routes et installations ». Ainsi, des parcs ont totalement fermé, d’autres opèrent partiellement.

Outre les parcs nationaux, des musées, tels la National Gallery of Art et le zoo national, ont été fermés depuis le 1er janvier.  

Des déchets non ramassés

Conséquence du manque de personnel, certains parcs restés ouverts voient en revanche leur bon fonctionnement sérieusement affecté. Selon le site américain Quartz, il y aurait au parc national de Yosemite, en Californie, 27 tonnes de déchets non ramassés et non traités. Par ailleurs, certains sanitaires ont dû être fermés.

Ce problème de déchets a également été observé à Washington, y compris à proximité de la Maison-Blanche.

Voir l’image sur Twitter

Voir l'image sur Twitter

Nick Schwellenbach@schwellenbach

#governmentshutdown #shutdown Quick pic on my bike ride in. That’s the White House in the background. The National Park can’t empty trash cans next to the Washington Monument.6 01508:55 – 2 janv. 2019

Au parc national de Joshua Tree, en Californie, des bénévoles se sont justement mobilisés un temps pour assurer quelques services de base, en attendant une issue à la paralysie partielle des administrations fédérales. Des dizaines de volontaires s’affairent ainsi pour nettoyer les WC, remettre du papier toilette et ramasser les déchets. « Nous faisons de notre mieux pour maintenir un semblant de normalité, mais nous n’avons pas l’autorité ou le pouvoir d’empêcher une personne qui conduirait en dehors des chemins dédiés, qui couperait un arbre ou volerait des objets », explique John Lauretig, directeur exécutif de l’ONG Friends of Joshua Tree.

Des mariages menacés

Washington dépendant en partie du budget fédéral – contrairement aux autres villes américaines –, la capitale des Etats-Unis a vu certains de ses services également affectés. C’est le cas notamment du bureau des mariages, situé au sein d’un tribunal, qui célèbre certaines cérémonies et délivre les certificats indispensables pour officialiser les unions scellées devant d’autres personnes (juges, religieux, élus…).

Alors qu’aucun camp ne semble disposé à céder pour mettre un terme au « shutdown », l’inquiétude monte naturellement chez certains couples qui avaient prévu de se marier ces jours-ci. Consciente de l’enjeu, la maire de Washington, Muriel Bowser, a décidé de prendre des mesures exceptionnelles pour délivrer des certificats de mariage malgré tout. « Tout comme le Grinch ne peut pas voler Noël, le ‘shutdown’ ne peut pas arrêter l’amour », a justifié son directeur de cabinet John Falcicchio, en référence au personnage vert et grincheux de dessin animé qui essaie de gâcher les fêtes de fin d’année.

L’Obs avec AFP. Publié le 04 janvier 2019 à 17h16

https://www.nouvelobs.com/monde/20190104.OBS7985/musees-fermes-mariages-menaces-les-consequences-tres-concretes-du-shutdown-aux-etats-unis.html#xtor=EPR-1-[ObsActu8h]-20190105