Le producteur américain Quincy Jones.

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Quincy Jones n’a plus rien à prouver. Compositeur, chef d’orchestre, arrangeur et producteur, le musicien américain a touché à tous les styles, du jazz à la soul, en passant par la pop et le hip-hop. Il est également associé en grande partie au succès de Michael Jackson, dont il a coproduit trois albums majeurs : Off The Wall (plus de 20 millions d’exemplaires vendus), Thriller (66 millions) et Bad (45 millions). Vainqueur de 28 Grammy Awards, Jones n’a pas levé le pied et continue à enchaîner les projets. À 84 ans, il n’hésite plus à dire ce qui lui passe par la tête, quitte à passer pour un papy un peu excentrique. L’interview accordée par cette légende de la musique au magazine américain Vulture et publiée mardi 6 février en est la preuve.

Malgré l’immense succès de la collaboration entre les deux hommes, Quincy Jones se montre particulièrement sévère avec le « roi de la pop ». « Michael a volé plein de trucs. Il a volé beaucoup de chansons. State of Independence (morceau de Donna Summer, NDLR) et Billie Jean. Les notes ne mentent pas, mec. Il était aussi machiavélique que possible », déclare le producteur. Un Michael Jackson qu’il décrit en outre comme « radin » pour n’avoir pas payé l’un de ses musiciens, Greg Phillinganes, qui a écrit une partie de la musique sur « Don’t Stop ‘Til You Get Enough ». Il révèle aussi s’être moqué du chanteur au sujet de ses opérations de chirurgie esthétique : « Il essayait toujours de se justifier, disait que c’était à cause d’une d’espèce de maladie qu’il avait. Mais c’était bidon. […] Il avait des problèmes avec son apparence parce que son père lui disait qu’il était moche et le maltraitait. »

Proche de nombreuses célébrités du monde de la musique et de la politique, Quincy Jones déclare connaître de nombreux secrets, « trop » selon lui. Il va même jusqu’à révéler sans ciller au journaliste qui l’interroge que c’est Sam Giancana, parrain de la mafia de Chicago dans les années 50 et 60, qui est responsable de l’assassinat deJohn Fitzgerald Kennedy, ajoutant qu’il ne « devrait pas parler de cela publiquement ».

Paul McCartney, « le pire bassiste au monde »

Manifestement prolixe, Quincy Jones profite de l’occasion pour railler les Beatles, « les pires musiciens au monde ». « Paul était le pire bassiste que j’ai jamais entendu », affirme-t-il, avant de raconter une anecdote au sujet du batteur Ringo Starr. « Nous étions en studio avec George Martin (producteur des Beatles, NDLR), et depuis trois heures Ringo travaillait sur une partie de batterie sur quatre mesures. Il n’y arrivait pas. On lui a dit : Mec, va te prendre une bière et manger un morceau. Prends-toi une pause d’une heure et demie et détends-toi. C’est ce qu’il a fait, et nous avons appelé Ronnie Verrell, un batteur de jazz, qui a expédié le truc en quinze minutes. Ringo est revenu et a dit : George, peux-tu me le faire réécouter encore une fois ? Il nous a dit ça ne sonne pas si mal et je lui ai répondu : Ben oui, enfoiré, c’est pas toi qui joues. Un mec super, à part ça. »

« Je suis sorti avec Ivanka, vous savez »

Quincy Jones fait part de sa colère au sujet de la situation actuelle aux États-Unis : « Les riches ne font pas assez. Ils n’en ont rien à foutre. Je suis venu de la rue, et je me soucie du sort de ces gamins qui manquent de tout, car je me sens comme l’un d’entre eux. » Pointant le racisme comme le plus gros problème à régler dans son pays, il en vient à évoquer le président américain Donald Trump, un « enfoiré complètement fou, limité mentalement, mégalomane, narcissique », et sa fille. « Je suis sorti avec Ivanka, vous savez », confie-t-il même au journaliste américain. « Il y a douze ans, Tommy Hilfiger m’a dit : Ivanka veut dîner avec toi. Je lui ai dit : Pas de problème, c’est un beau morceau. Elle avait les plus belles jambes que j’ai jamais vues. Elle n’a pas le bon père, cependant. »

À la question « quelle est votre plus grande innovation musicale ? », Quincy Jones répond en toute simplicité : « Tout ce que j’ai fait. » Avec plus de soixante ans de carrière derrière lui, le producteur distribue d’ailleurs bons et mauvais points aux artistes actuels. Si U2 ne trouve plus grâce à ses yeux (« j’aime Bono de tout mon cœur, mais il y a bien trop de pression sur le groupe »), il confie apprécier Bruno Mars, Kendrick Lamar et Chance The Rapper, ainsi que le compositeur français Alexandre Desplat : « Il est bon. C’est mon frère, il a été influencé par mes musiques de film. » Celui qui fêtera ses 85 ans en mars ne manque pas de ressources et se démultiplie pour promouvoir Qwest TV, une plateforme de vidéos à la demande consacrée au jazz, qu’il souhaite voir devenir un « Netflix musical ».

 


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Modifié le – Publié le | Le Point.fr

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