Quand ils ont atterri à Lisbonne, trois paparazzis les attendaient, téléobjectif au poing. Le couple a fait comme d’habitude. Il a prévenu Bestimage. Dans les deux heures, un quatrième photographe, dépêché par la patronne de l’agence, Michèle Marchand, la papesse du cliché people, s’envolait pour le Portugal. L’escapade d’Emmanuel et Brigitte Macron n’était pas destinée à rester discrète. L’événement a fait la une du premier numéro de l’année de « VSD ». En titre : « Emmanuel Macron, l’amoureux du pouvoir. Derniers moments d’intimité avec son épouse Brigitte avant la bataille de 2017. » En photo, le couple en train de s’embrasser, « tendre baiser place du Commerce, à Lisbonne, le 26 décembre à 15 h ».

Dix couvertures de « VSD » en un an, quatre de « Paris Match », deux de « Closer« , une de « Voici ». Emmanuel et Brigitte à Lisbonne, mais aussi à Rome, à Biarritz, au Touquet, à Ville-d’Avray… Les Macron passent rarement des vacances sans photographe. Ils ont organisé la communication de leur vie privée. Sylvain Fort, porte-parole d’En Marche !, reconnaît :

« Il y a un contrat d’exclusivité moral avec Bestimage. Cela permet de mieux maîtriser leur image, le choix des photos qui circulent sur eux.

Quand ils sont victimes d’une paparazzade, ils font appel à un photographe de l’agence, ils sont sûrs, ainsi, d’avoir des clichés plus avantageux. »

Bestimage, qui a repris l’activité de la célèbre Angeli, est connue dans tout Paris pour avoir « surpris » le président Hollande casqué en visite chez Julie Gayet et peut jouer les tours de contrôle sur le marché des clichés people. Il n’est pas rare désormais d’apercevoir Michèle Marchand parmi les spectateurs des meetings d’En Marche !, comme à Lyon, le 4 février.

« Mimi », l’étonnante prêtresse des paparazzis qui conseille les Macron

« Elle était même à l’anniversaire de Tiphaine, la fille de Brigitte, la veille, raconte un journaliste de ‘Paris Match’. Elle a pris les Macron sous son aile. »

Michèle Marchand, surnommée « Mimi ». (B. LEVY/DIVERGENCE)

Pas vraiment posées,
mais loin d’être volées

C’est en avril 2016 que la peopolisation du couple a commencé. Brigitte accorde alors un entretien « exclusif » à « Paris Match« , confie des photos de famille et livre une poignée de confidences intimes (« L’amour a tout emporté sur son passage »). L’interview se fait à la brasserie Zeyer, dans le 14e arrondissement de Paris. « Je connaissais Brigitte Macron par ma belle-sœur, professeur à Franklin, raconte la journaliste Caroline Pigozzi. Il n’y avait rien d’organisé, j’ai été la bonne personne, au bon moment. »

L’hebdomadaire sort le jour même où François Hollandedéfend son bilan dans une émission spéciale, « Dialogues citoyens », sur France 2. Avec en couverture la photo du couple dans la cour de l’Elysée, « ensemble sur la route du pouvoir ». Une « bêtise que ma femme regrette », tranche aussitôt Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron : « Brigitte s’occupe de beaucoup de choses. Tu crois que c’est trop ? »

Mais l’expérience, hasard ou pas, s’est systématisée. Quatre mois plus tard et juste avant la démission de Bercy, le couple refait la une de « Match ». Lui en short, elle en maillot de bain à fleurs, pieds dans l’eau, sur la plage de Biarritz. Les photos sont signées Bestimage. Pas vraiment posées, mais loin d’être volées.

« Les politiques sont devenus un bon filon pour la presse people », analyse Marion Alombert, rédactrice en chef de ‘Voici’.

« En ce moment, les Macron ont le vent en poupe. Leur couple intrigue, accroche. Et ils ont compris qu’une exposition bien gérée est une publicité efficace. »

Le flot ne se tarit pas. De nouvelles photos du couple continuent d’arriver dans les rédactions. Les Macron ont-ils maintenant le sentiment d’être allés trop loin ? Les demandes relatives à leur vie privée passent désormais par la cellule communication d’En Marche ! Ils ont porté plainte contre « France Dimanche » qui annonçait leur divorce (une première) et « refusent aujourd’hui toutes les sollicitations », dixit Sylvain Fort. Les confidences intimes de Brigitte, officiellement, c’est fini.

 

 

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/20170329.OBS7271/comment-les-macron-s-assurent-des-cliches-avantageux-dans-la-presse-people.html#xtor=EPR-2-[ObsActu17h]-20170330