Johnny Hallyday, une star immense… mais pas si riche
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On peut dire que Johnny Hallyday a profité de la vie… Plutôt que d’amasser un capital patrimoine, l’idole de jeunes a préféré dépenser sans compter. Il s’offrait des véhicules comme des propriétés sur un coup de tête, distribuait de généreux cadeaux à ses amis, finançait les luxueuses virées shopping de sa femme. Mais avait-il vraiment les moyens d’assurer son train de vie ? D’après les calculs de Capital datant de 2011, Johnny Hallyday flambait 6,5 millions d’euros par an pour assurer l’entretien de ses maisons, rembourser ses emprunts, payer le salaires de ses employés etc. En face, ses revenus n’ont pas atteint ce montant chaque année.

“Contrairement à une idée répandue, Johnny est un ‘travailleur pauvre’ qui, malgré ses nombreuses années de carrière, n’a pas cumulé de patrimoine, car il a toujours eu un train de vie flamboyant”, écrivaient les journalistes Catherine Rambert et Renaud Revel dans leur livre sortie en 2010, consacré à la star. En 2011 par exemple, l’icône du rock français n’avait engrangé “que” 5,3 millions d’euros de recettes, notamment grâce à l’avance sur sa tournée, aux royalties de ses disques et à son contrat pub avec Optic 2000. Pas suffisant… En 2016, en revanche, Johnny Hallyday a gagné 16 millions d’euros, d’après les estimations de Capital, et se plaçait ainsi 2e du classement des chanteurs français les mieux payés, derrière David Guetta. Ces revenus ont été engrangés, non pas grâce à ses ventes d’albums, mais grâce à sa tournée qui s’est étalée en 2015 et 2016 : il aurait en effet signé un minimum garanti de 15 millions d’euros.

La particularité du business de Johnny Hallyday est ici. A la différence d’un Jean-Jacques Goldman ou d’un Charles Aznavour qui ont composé et écrit des centaines de tubes, l’idole des jeunes n’en a été que l’interprète, à quelques exceptions près comme La Musique que j’aime. Or sur le prix hors-taxe d’un CD, la part revenant à l’interprète avoisine généralement les 6,5% selon une étude de l’Adami, la société civile pour l’administration des droits des artistes et musiciens interprètes. Quand elle est d’environ 9% pour les auteur-compositeurs. Et donc de plus de 15% pour ceux qui cumulent les trois fonctions.

Sûr que s’il avait composé Que Je t’aime ou Allumez le feu, Johnny Hallyday ne serait pas retrouvé aussi souvent dans la panade financière. Car au cours de sa carrière, le rockeur a régulièrement demandé de l’argent à son ancienne maison de disques Universal pour continuer à se faire plaisir. En échange de la cession de certains de ses droits, le label a par exemple racheté sa maison de Ramatuelle et un hôtel particulier dans le 16e arrondissement.

Après sa rupture avec Universal, Johnny Hallyday a intenté un procès pour récupérer la propriété des bandes originales de ses chansons, plus d’un millier de titres, ainsi que 50 millions de dommages et intérêts. La justice a donné raison à la maison de disque et quelques années plus tard un accord a été conclu avec l’artiste, dont les termes ne sont pas connus.

Des soucis avec le fisc

“Je suis complètement détaché des valeurs matérielles qui pourrissent et empoisonnent les individus”, aurait déclaré un jour Johnny Hallyday selon Les Inrocks. “Mon argent me sert surtout à être libre et à vivre comme je veux”. Malheureusement, son entourage a parfois abusé de sa crédulité. Le magazine rapporte par exemple que l’installateur d’alarme de sa maison de Marnes-la-Coquette faisait en sorte que le système tombe en panne régulièrement pour gonfler ses factures.

Johnny Hallyday a aussi parfois été mal entouré, ce qui lui a valu plusieurs problèmes avec l’Etat français. Son ancien manager, Johnny Stark a notamment oublié de régler ce qu’il devait au fisc au début des années 60. Le rockeur a aussi été condamné en 1977 à 10 mois de prison avec sursis et 20.000 francs d’amende car ses comptables avaient omis de déclarer une partie de ses revenus. En 2006, Johnny Hallyday s’installe en Suisse pour payer moins d’impôts, encore sous l’influence de ses conseillers. “C’était une grosse connerie”, confiait un proche du chanteur aux Inrocks en 2011. “Johnny est doublement imposé, en Suisse et en France puisque le coeur de son activité est ici”. Le chanteur est devenu résident fiscal américain il y a quelques années.

Johnny Hallyday, pas un homme d’affaires

“L’argent, Johnny ne sait pas ce que c’est”, aurait affirmé son ancien impresario Jean Pons, selon les Inrocks. “Il est l’un des rares hommes de spectacles à se comporter aussi peu en homme d’affaires”. L’idole des jeunes était en tout cas un bosseur. Pour lutter contre la maladie, mais aussi peut-être pour des questions d’argent, il était en studio et sur scène jusqu’à la fin. Selon Paris Match, il aurait touché 150.000 euros pour chaque concert de la tournée des Vieilles Canailles, l’été dernier, soit un peu plus de 2,5 millions d’euros pour un mois de spectacles.

Malgré ces précieuses rentrées, le rockeur ne laisse donc sans doute pas une fortune mirobolante à sa femme et ses enfants. Citons tout de même plusieurs propriétés de luxe : une villa à Saint-Barthélemy, une résidence dans le quartier de Pacific Palisades à Los Angeles, une maison à Marnes-la-Coquette, dans les Hauts-de-Seine et un chalet en Suisse, à Gstaad.

Par ailleurs, sa famille ne pourra pas compter sur une colossale rente annuelle. D’abord parce qu’elle ne touchera donc que les royalties tirées de son rôle d’interprète, bien moindre que s’il avait été auteur-compositeur. Ensuite parce qu’une partie de ses titres tomberont dans le domaine public 70 ans après leur sortie. Souvenirs, souvenirs ne rapportera plus rien dans moins de 12 ans, Elle est terrible dans 15 ans…


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