Johnny Hallyday le 19 avril 2016, Crédit : VALERIE MACON / AFP


 

Le monde du rock’n’roll français est en deuil. Légende de la chanson française, véritable icône, Johnny Hallyday est décédé à l’âge de 74 ans. Le chanteur, qui se battait depuis décembre dernier contre un cancer, s’est éteint dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 décembre, comme l’a annoncé son épouse à l’AFP. Johnny Hallyday était l’un des plus grands représentants de la musique hexagonale, depuis le début de sa carrière en 1958 au Golf Drouot, d’Henri Leproux, avant de sortir son premier super 45 tours en 1960.

D’abord décrié puis adulé, Johnny Hallyday est l’un des artistes français à la plus longue carrière. Récompensé par 40 disques d’or, il a vendu plus de 110 millions de disques et effectué plus d’une centaine de tournées à travers les quatre coins de l’Hexagone. Du rock, à la country, en passant par le blues et les chants contestataires, Johnny Hallyday possède un immense répertoire qui a marqué des générations de fans. On ne compte pas ses chansons emblématiques : Noir c’est noir, Quelque chose de Tennessee, Allumer le Feu ou encore Ma gueule.

Outre son succès musical, Johnny Hallyday a souvent été au cœur des articles de la presse, pour son mariage avec Læticia Hallyday depuis 1996, avec qui il avait adopté deux petites filles. Avec ses compagnes précédentes, Nathalie Baye et Sylvie Vartan, il était aussi le père de Laura Smet et David Hallyday. 

De Jean-Philippe Smet à Johnny Hallyday

Né le 15 juin 1943 dans le 9ème arrondissement de Paris d’une mère mannequin-cabine et d’un père acteur chanteur danseur belge, il a été abandonné par ce dernier alors qu’il n’a pas huit mois. C’est sa tante, Hélène Mar, qui a fini par l’élever, secondée par ses deux filles Desta et Menen. Desta a épousé un certain Lee Lemoine Ketcham, un danseur américain plus connu sous le nom de scène de Lee Halliday, devenu en quelque sorte son père de substitution. Celui-ci lui donne le surnom de Johnny. Ce n’est que plus tard, au moment de se choisir un nom de scène, que Jean-Philippe Smet deviendra tout naturellement Johnny Hallyday. 

S’il a décidé dès l’âge de 14 ans de devenir chanteur de rock’n’roll, ses débuts en 1958 dans le lieu culte du rock français, le Golf Drouot, d’Henri Leproux où il fera la rencontre de ses futurs amis (Jacques Dutronc, Eddy Mitchell), sont catastrophiques. Il a été mis dehors dès le deuxième soir, sifflé par le public. Un scénario qui s’est répété dans plusieurs clubs. Il faudra attendre l’année 1960 pour qu’il signe avec la maison de disque Vogue et débute réellement la carrière qu’on lui connaît, celle d’un homme qui a introduit le rock en France. 

L’idole des jeunes

En 1961, Johnny Hallyday décroche son premier disque d’or avec Viens danser le twist, qui le propulse sur la scène de L’Olympia qu’il occupera pendant plus d’un mois. C’est le début du succès avec des premiers tubes tels que Retiens la nuitLes ParisiennesPas cette chansonL’Idole des jeunesElle est terribleDa doo ron ron, etc. 

Arrivent ensuite les années 80, années pendant lesquelles Johnny opère un tournant dans sa carrière musicale pour tendre davantage vers la variété. Il interprète alors des textes écrit par Michel Berger (Le Chanteur abandonné et Quelque chose de Tennessee) ou encore Jean-Jacques Goldman (Je te promets, Laura).

Un homme de théâtre et de cinéma

Plus encore, Johnny Hallyday était aussi un amateur de cinéma et homme de théâtre. C’est à 68 ans qu’il avait fait ses débuts sur les planches dans la pièce Le Paradis sur terre de Tennessee Williams, mis en scène par Bernard Murat, avec Audrey Dana et Julien Cottereau.

Au cinéma, on avait pu le découvrir dans Salaud on t’aime de Claude Lelouch en 2014 où il partageait l’affiche avec Sandrine Bonnaire et Eddy Mitchell. Johnny avait tourné pour la première fois avec ce réalisateur en 1972 dans L’Aventure, c’est l’aventure, aux côtés de Lino Ventura et de Jacques Brel. Un film dans lequel il orchestrait son propre enlèvement à des fins publicitaires. Plus récemment, le chanteur avait fait une apparition dans Rock’n’roll de Guillaume Canet et Chacun sa vie de Claude Lelouch, où là aussi il interprétait son propre rôle. Impossible également de ne pas citer ici sa participation dans Jean-Philippe (Laurent Truel), film dans lequel il campait un Jean-Philippe Smet passé à côté de son destin.

En 2000, dans Love me (Laetitia Masson), c’est avec Sandrine Kiberlain qu’il avait joué un « chanteur-looser ». En 2003, Johnny Hallyday avait reçu le Prix Jean Gabin pour L’Homme du trainde Patrice Leconte.


Capucine Trollion 
Capucine Trollion Journaliste RTL, PUBLIÉ LE 06/12/2017 À 03:45
http://www.rtl.fr/culture/medias-people/johnny-hallyday-eternelle-idole-des-jeunes-et-taulier-du-rock-francais-7787587534?utm_campaign=&utm_medium=Alerte+Info&utm_source=Newsletter