En quinze ans de carrière, ils ont compris un truc ou deux sur la mise en scène des concerts en extérieur. » La critique du vénérable Times n’a pas perdu son flegme après le concert de Queen au stade de Wembley du 12 juillet 1986, devant 74 000 spectateurs déchaînés. « Extravagant, excessif et un peu pompeux ? Oui, c’était exactement ça, et ils le font très bien. » Récit d’une journée entrée dans les annales, qu’on soit fan de Queen ou pas, car il s’agissait d’un des derniers enregistrements de Freddie Mercury sur scène.

Le billet du concert de Queen à Wembley (Londres), le 12 juillet 1986.
Le billet du concert de Queen à Wembley (Londres), le 12 juillet 1986. (MARK ALEXANDER / DR)

« A KIND OF MAGIC »

Il est 6 heures du matin, ce samedi 12 juillet 1986. Après une soirée de déluge, le ciel offre un peu de répit aux courageux fans qui font la queue devant les grilles de Wembley. Jenny Hodge est de ceux-là. Cette passionnée était déjà là à la même heure la veille pour le précédent concert. Membre du fan club de Queen (ils sont encore 4 000 aujourd’hui), elle se reposera après le double passage de son groupe favori à Wembley, habituel temple du foot anglais. « J’étais parmi les premiers à arriver au stade, dix heures avant l’ouverture des portes. Je me souviens d’une foule très joyeuse, nous passions notre temps à chanter pour tuer le temps. »

Un seul concert était à l’origine programmé à Wembley lors de ce « The Magic Tour ». Tous les billets s’arrachent en quelques jours, obligeant le groupe à ajouter une deuxième date, le lendemain. « Le public de Queen est infini, on est capables d’écouler 30 000 tickets par jour à Londres », se félicite à l’époque le producteur Harvey Goldsmith. Au total, le groupe se produit devant 144 000 Londoniens. Un an plus tôt, la donne était toute autre : Queen est en perte de vitesse et n’intéresse plus grand monde. Ses membres parlent d’en rester là, avant de faire l’album de trop. « C’est le lot de tous les groupes où un seul membre écrit la plupart des chansons, éclaire Mark Blake, venu au concert en tant que fan, mais qui a plus tard écrit un livre sur le groupeFreddie touchait beaucoup plus d’argent que les autres grâce aux droits d’auteurs. Brian May et Roger Taylor m’ont confirmé qu’ils pensaient sérieusement se séparer en 1985. »

C’est alors qu’arrive le Live Aid, concert caritatif calé dans la moiteur de cet été 1985. Queen n’a pas le premier rôle. Dans le ventre mou de la set-list, juste après les petits jeunes qui montent de U2, et bien avant les stars de la soirée, Elton John, Paul McCartney et David Bowie. Lors des 22 minutes qui leur sont accordées, les quatre Britanniques écrasent la concurrence, en proposant un medley ultra-rythmé de leurs plus grands succès. Car l’ingénieur du son du groupe, James « Trip » Khalaf, a subtilement boosté les enceintes pour rendre la foule dingue, au point qu’Elton John vienne les enguirlander dans les loges pour concurrence déloyale. Cette performance diffusée en mondovision ressoude les troupes et leur attire un nouveau public, qui se presse de nouveau à Wembley un an plus tard.

 

D’un côté, un public plus jeune, plus sensible au côté pop du groupe, de l’autre, les anciens, qui étaient surtout là pour le rock.

Mark Blake

 

Parmi les jeunots, on trouve Jeremy Goes. Le vendredi, son père lui a fait la surprise de l’amener à Wembley à l’heure du goûter en sortant de l’école. Le samedi, la surprise a disparu, pas l’excitation, quand le petit bonhomme prend pour la seconde fois le chemin du stade. Ou Isabelle Osman, une Française, qui s’est installée à Londres, officiellement pour ses études, en réalité pour assouvir sa passion pour Queen. C’est aussi le second soir pour la jeune femme. La veille, elle a traîné sa colocataire au stade. « Je l’avais invitée pour qu’elle fasse des photos. Je la protégeais des autres fans pour qu’elle réussisse les meilleurs clichés possibles avec mon appareil. » Il pleuvait des hallebardes pourtant, ce premier soir. « Je sais. Tout le monde me le dit. Mais je n’en ai aucun souvenir. » 

Les fans massés dans le stade de Wembley, à Londres, le 12 juillet 1986.
Les fans massés dans le stade de Wembley, à Londres, le 12 juillet 1986. (FG/BAUER-GRIFFIN / MICHAEL OCHS ARCHIVES)

« WE WILL ROCK YOU »

De l’autre côté des grilles, on s’affaire. Car ce que vont découvrir les spectateurs constitue du jamais-vu pour l’époque. « On avait eu un mal fou à caser l’écran géant [qui était immense pour l’époque] sous le toit du stade, se souvient Simon Tuchener, qui s’occupait de l’éclairage pour le groupe. On avait ajouté quatre rangées de projecteurs en plus pour le concert. Là aussi, une sacrée galère, car toute notre installation bougeait pendant le show, donc je ne vous raconte pas la gestion des câbles. » On ne le sait pas encore, mais ce « Magic Tour » représente l’apogée de ce qu’on appelle aujourd’hui le « stadium rock », des concerts surdimensionnés pour des foules qui le sont tout autant. La place du concert ne coûte qu’une quinzaine de livres, à peine 40 euros d’aujourd’hui… « Il n’y a qu’en 1986 qu’on a gagné un peu d’argent sur une tournée. Tout l’argent qu’on gagnait, ou presque, on le remettait dans les concerts », explique le guitariste Brian May dans les bonus du DVD du show.

Jugez plutôt : plus de neuf tonnes de matériel, six ordinateurs pour les lumières, quinze caméras pour filmer le concert (autant que pour un match de foot en Ligue des champions aujourd’hui), un système de sono révolutionnaire et surtout la plus grande scène jamais vue pour un concert. « Ça tracassait Freddie, reconnaît Peter Hince, éternel « roadie » du groupe. Il a longuement répété ses déplacements pour chaque chanson. » Brendan Hyland, un des officiers de sécurité du groupe, revoit le chanteur répéter dans un stade vide chaque chanson des heures avant le concert.

 

Freddie tenait à ce que chaque morceau soit parfait. Pensez que certains groupes débarquent sur place trois quarts d’heure à peine avant le début du concert…

Brendan Hyland

 

Chez Queen, on ne rigole pas avec les détails. En témoigne la présence d’un accordeur de pianos à temps plein dans l’équipe, un luxe inédit à l’époque. « Les groupes qui pouvaient se le permettre se comptaient sur les doigts d’une main et étaient déjà millionnaires », sourit Steve Benjamins, le principal intéressé. Beaucoup des membres de l’équipe suivent le groupe depuis des années. « Quand vous pouviez afficher une tournée de Queen sur votre CV, bien des portes s’ouvraient, s’enorgueillit George Stedman, qui conduisait les camions transportant le matériel et arrondissait ses fins de mois en aidant au montage des projecteurs. C’était connu qu’ils ne travaillaient qu’avec les meilleurs. Tout le monde voulait en être. Moi, ça m’a pris sept ans ! »

Ce 12 juillet 1986, le leader du groupe fait une entorse à sa routine d’avant-concert. D’abord, les traditionnelles parties de jeux de société pendant lesquelles le groupe et les techniciens tuent le temps en tournée – « Freddie s’attendait vraiment à gagner à chaque fois, surtout au Scrabble », lâche son ami Peter Freestone – passent à la trappe. Et puis « Freddie hébergeait des amis américains avant le show, ce qui était très inhabituel », se souvient Freestone, qui a dû rester cloîtré pendant toute la tournée européenne dans la nouvelle maison du chanteur pour rassurer l’assurance et décourager les voleurs. « D’habitude, Freddie ne parlait pas beaucoup avant un concert important. Mais là, il leur a préparé le petit déjeuner, fait la conversation et les a calés dans un minibus pour qu’ils fassent un tour en ville avant le concert. »

Freddie Mercury sur scène, le 12 juillet 1986.
Freddie Mercury sur scène, le 12 juillet 1986. (DAVE HOGAN / HULTON ARCHIVE)

« THE SHOW MUST GO ON »

Dès que les lumières s’allument, on sent, on sait qu’on va en prendre plein la vue », se souvient Isabelle Osman. Déjà bien chauffée par INXS et Status Quo qui assurent la première partie, la foule rugit de plaisir quand Freddie Mercury et sa bande débarquent sur scène.

 

« Le concert a commencé alors que le soleil n’était pas encore couché. C’est d’ailleurs pour ça qu’on a installé des machines à fumée sur scène pour faire mieux ressortir les jeux de lumière même en plein jour », commente l’expert ès-lumières de concert Simon Tutchener, pas peu fier de sa trouvaille. Derrière, le groupe déroule. La mécanique est bien rodée.

 

Il faut les assourdir, les aveugler, et attendre qu’ils en redemandent.

Brian May

 

Malgré son aisance déconcertante sur scène dans son boléro jaune canari, Freddie Mercury ne se sent pas à l’aise à Wembley. « Il détestait jouer dans les capitales, raconte son ami Peter Freestone. Parce qu’à Londres, les gens sont vraiment blasés. Généralement, on n’avait pas la même clameur qu’à Manchester ou à Birmingham. » L’accueil est pourtant bien meilleur qu’à Paris, où Queen s’est produit, un mois plus tôt, dans une relative indifférence dans un hippodrome de Longchamp qui avait moins fait le plein que pour le prix de l’Arc de Triomphe. « La presse n’en avait que pour Johnny Hallyday [qui sort quatre albums cette année-là]. C’est à peine si on avait un quart de page dans les journaux », en rigole après-coup Brendan Hyland.

C’est dans les premières minutes du concert que Neal Preston réalise la photo icônique du concert, qui deviendra la jaquette de la VHS et du DVD : Freddie Mercury défiant les lois de la pesanteur, incliné vers l’arrière, les projecteurs éblouissant l’objectif.

Rock Genesis@rockorigins

Freddie Mercury of the @QueenWillRock at Wembley Stadium, England.
« Rocknroll is not just music,its something more »

« L’équipe de Queen aurait pu me rendre la tâche difficile, mais ils se sont montrés très coopératifs, et m’ont laissé aller où je voulais, se souvient Neal Preston. C’est la meilleure façon de bosser pour un photographe. Quand j’ai travaillé sur la tournée de Barbra Streisand, elle m’a dit exactement ce qu’elle voulait, où je devais prendre les photos… Ça s’est terminé par un désastre.«  S’il a plus d’atomes crochus avec Brian May et Roger Taylor, Neal Preston garde un souvenir ému de Freddie Mercury : « Je l’adorais en tant qu’homme et en tant que modèle. Il était toujours partant pour une photo. Il s’éclatait vraiment à être Freddie Mercury. »

La setlist est calibrée pour réserver le minimum de temps morts. « Ils ont casé un maximum de leurs grands succès, il y avait moins de chansons du dernier album que d’habitude », remarque Pierre Kacary, qui assistait dans les gradins à sa sixième tournée de Queen. Et histoire que les bras se lèvent même quand il ne se passe rien, des ballons géants à l’effigie des quatre duettistes se baladent par-dessus de la foule… Jusqu’à ce que celui de Freddie s’envole dans le ciel de Wembley. « C’est la dernière fois que ces ballons ont servi », commente notre fan érudit.

Le ballon à l\'effigie de Freddie Mercury s\'envole dans le ciel de Londres, le 12 juillet 1986.
Le ballon à l’effigie de Freddie Mercury s’envole dans le ciel de Londres, le 12 juillet 1986. (MARK ALEXANDER / DR)

 

Rockstars ou pas, les membres du groupe s’en tiennent à ce qui était prévu.« J’ai connu des groupes qui deviennent nerveux avant un concert important, qui trafiquent la setlist ou rajoutent des effets spéciaux au dernier moment », décrit Spike Edney, qui ne donnera pas de nom, mais dont le CV affiche des tournées des Rolling Stones, de Duran Duran… et des Wampas. « Ça s’en ressent toujours sur le rythme du concert et sur le moral des troupes. Mais Queen avait l’expérience pour ne pas tomber dans le piège. » Le « roadie » Peter Hince y va encore plus brutalement : « C’était un jour de boulot comme les autres. Vraiment. »

Les choses se passent comme sur des roulettes. Le tube I Want To Break Free, dont le clip avait grillé le groupe de l’autre côté de l’Atlantique – les quatre musiciens y étaient déguisés en femmes, parodiant le soap operabritannique Eastenders – déchaîne les passions. Un bouquet de fleurs atterrit sur scène. Pas des rasoirs jetables, comme aux Etats-Unis quelques années plus tôt – encore ! – pour encourager le chanteur du groupe à raser sa moustache, qui lui donnait l’air trop androgyne pour certains fans. Wembley complète à l’unisson le refrain que ne chante qu’à moitié un Freddie Mercury toujours moustachu et qui a tombé la veste. « A l’époque, faire participer le public n’avait pas la cote, rappelle Brian May dans une interview au TimesMais notre public, lui, n’attendait que ça, et savait ce qu’on attendait de lui. »

 

La magie de Queen, c’est d’avoir réussi à faire un concert assez intime dans le gigantesque Wembley.

Peter Freestone

 

« Mama, I Killed A Man… » Cette première phrase, tous les fans l’attendaient. Le début de Bohemian Rhapsody, la vingtième chanson du concert. La journaliste spécialisée Lesley-Ann Jones a demandé quelques jours plus tôt s’il fallait y voir une façon imagée d’annoncer son coming-out. Mercury avait éclaté de rire, et répondu, à moitié ironique : « Ce n’est pas encore le moment. » Le tabloïd The Sun avait depuis longtemps relégué le conditionnel aux oubliettes, et avancé que Mercury avait en plus le sida.

Freddie Mercury à la fin du concert de Queen à Wembley le 12 juillet 1986 à Londres.
Freddie Mercury à la fin du concert de Queen à Wembley le 12 juillet 1986 à Londres. (DAVE HOGAN / HULTON ARCHIVE)

 

Réponse du berger à la bergère, le bassiste John Deacon porte sur scène un tee-shirt reprenant une des unes les plus ridicules du Sun : une femme qui accuse une vedette comique de l’époque d’avoir mangé son hamster. « Regardez-le, Freddie est au sommet de sa forme, à part peut-être sur les notes plus aiguës », s’insurge George Stedman, le chauffeur de camion. Le chanteur carbure pourtant aux Strepsils et profite de temps morts dans le concert pour utiliser un inhalateur afin de soulager ses cordes vocales. Rien de très visible. « Prenez l’évolution physique de Bob Marley, là oui on voyait nettement que quelque chose n’allait pas. » La chanson s’interrompt en plein milieu, le groupe s’éclipse pour laisser place à un extrait du clip.. avant de revenir pour un final survolté. « Là, j’ai senti le sol trembler », se souvient Jeremy Goes. « Sur le DVD, on voit mon père à ce moment-là, mais pas moi. C’est rageant d’être trop petit. » 

Samantha Fox et Freddie Mercury lors du mini-concert donné le 12 juillet 1986 au Kensington Roof Gardens.
Samantha Fox et Freddie Mercury lors du mini-concert donné le 12 juillet 1986 au Kensington Roof Gardens. (DAVE HOGAN / HULTON ARCHIVE)

« DON’T STOP ME NOW »

Le concert s’achève sur un God Save The Queen de rigueur. Quelques minutes plus tôt, au moment d’introduire la balade Friends Will Be Friends, curieusement coincée entre We Will Rock You et We Are The Champions, le chanteur a lancé à la cantonade : « Nous allons rester ensemble jusqu’à la mort. » Il ne pouvait pourtant pas savoir qu’il ne lui restait plus qu’une poignée de concerts et quelques années à vivre – il mourra en 1991. Les chansons du groupe accompagnent en tout cas les spectateurs une fois les portes de Wembley refermées. « Nous sommes rentrés à pied avec mon père, avec d’autres fans, et nous avons chanté jusqu’à la maison », raconte Jeremy Goes. Autre ambiance dans le parking : « Vu le monde qu’il y avait, nous avons décidé de dormir dans la voiture en attendant que ça se dégage, se souvient Andy Wood. On a pu quitter le stade vers 3 heures du matin. »

La soirée n’est pas finie pour tout le monde. Les membres du groupe, l’équipe et des invités sont attendus pour une fête au Kensington Roof Gardens. Comme d’habitude, Queen a mis les petits plats dans les grands. La facture de la soirée est estimée à 80 000 livres. « J’ai pas mal roulé ma bosse dans le milieu, je n’ai jamais revu ça, lâche Brendan Hyland. Je suis arrivé en retard, car j’ai donné un coup de main à la boutique pour vendre des tee-shirts et d’autres goodies. »

 

Quand je monte dans l’ascenseur, il y avait une femme habillée en groom. Enfin, c’est ce que je croyais. En fait, son costume était peint sur son corps entièrement nu.

Brendan Hyland

 

Derrière ce happening, un artiste allemand, Bernd Bauer, dépêché à Londres pour l’occasion.

Ce n’est que le début d’une longue soirée où le champagne ruissèle comme le déluge qui s’est abattu sur Wembley la veille. Auto-tamponneuses, combats dans la boue… Toutes les extravagances sont permises. « Il y avait même dans un coin un énorme aquarium, rempli de gens nus, peints de façon à ressembler à des pierres ou à des reptiles, se souvient Lesley-Ann Jones, auteure d’une biographie de Freddie MercuryOn voyait des tétons et des nombrils partout. » La journaliste assiste à la soirée, en compagnie de plusieurs reporters proches du groupe. « Ils cultivaient des relations d’amitié avec quelques journalistes, qui écrivaient ainsi des critiques favorables, et qui surtout respectaient cette règle d’or : ‘Ce qui se passe en tournée reste en tournée’. J’étais vraiment proche d’eux à l’époque, ce qui ne serait vraiment plus possible avec les groupes d’aujourd’hui. »

Le clou de la soirée, la reprise de Tutti Frutti par Freddie Mercury accompagné de la playmate Samantha Fox, qui venait de faire la fameuse page 3 du Sun en tenue d’Eve. « J’avoue, je ne me souviens plus si j’ai joué avec eux », sourit le claviériste du groupe sur « The Magic Tour », Spike Edney, qui parle d’une soirée « qui restera gravée dans la mémoire de ceux qui étaient là ».

Freddie Mercury pose avec Mary Austin au Kensington Roof Gardens, le 12 juillet 1986.
Freddie Mercury pose avec Mary Austin au Kensington Roof Gardens, le 12 juillet 1986. (DAVE HOGAN / HULTON ARCHIVE)

 

Seule fausse note, l’insistance de Freddie Mercury à se faire prendre en photo avec Mary Austin, son ex-petite amie, laissant dans l’ombre son compagnon de l’époque, Jim Hutton. « Il voulait avoir Mary à son bras car la presse était là », écrit-il, amer, dans son livre Mercury And Me. Quelques semaines plus tôt, un ancien amant du chanteur a vendu son histoire et des photos intimes au Sun, qui ne s’est pas privé d’en faire ses choux gras. « Il s’est excusé après coup, mais j’ai parfaitement compris, et je me suis tenu à distance », raconte encore Jim Hutton. Pas difficile de se faire oublier au milieu de 500 invités, dont le gratin du rock britannique de l’époque. « On m’a mis dehors au petit matin, j’étais un des derniers à partir, conclut Spike Edney. Et comme je n’habite pas très loin désormais, j’ai toujours un sourire en coin quand je passe devant le bâtiment… »

 

 

 


Pierre Godon

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