Hedy Lamarr, considérée comme l’une des plus belles femmes du monde, était également une scientifique passionnée et engagée. © Collection Christophel / Collection Christophel / RnB


Il y a bombe et bombes. Comment Hedy Lamarr, la « plus belle femme du monde », la Dalila de Samson (1949), dont le visage inoubliable inspira celui de la Blanche-Neige de Disney, et dont le corps montré nu pour la première fois à l’écran (Ecstasy, 1933) fit scandale, passera-t-elle à la postérité ? À quel titre ? Pour être sortie du monde de la séduction glamour où les actrices sont confinées, ou pour avoir contribué à changer le visage technologique du monde en inventant, en 1941, un procédé de brouillage des radars anti-torpilles par changements aléatoires de fréquences utilisé aujourd’hui par le GPS, le Bluetooth et le Wifi ?

Après ses incroyables Mémoires écrits en 1966 (et dont elle nia ensuite être l’auteur, ce dont nous doutons…), publiés aujourd’hui en français sous le titre La Folle Autobiographie d’Hedy Lamarr (Séguier), voilà le film, Hedy Lamarr : From Extase to Wifi (en salle le 6 juin), réalisé par Alexandra Dean et produit par Susan Sarandon, à partir d’entretiens audio miraculeusement retrouvés, de témoignages de ses enfants et d’images d’archives bouleversantes.

La passion des sciences

On l’entend, on la voit, cette fille du vieux monde européen, dans sa jeunesse viennoise, puis s’évader déguisée en gouvernante de la prison dorée où son mari recevait les dignitaires nazis, imposer ses conditions, sur le paquebot Normandie, à Louis B. Mayer, le tout-puissant patron de la MGM, qui voulait l’acheter à bas prix, et dans son ascension à Hollywood, où elle tint tête à tout le monde, car elle envisageait d’être libre.

On l’écoute, aussi, nous raconter sa passion des sciences, et comment elle a inventé, guerrière cérébrale, un système de communication pour les torpilles et un autre pour concentrer le Coca en cachets solubles pour que les soldats puissent en avoir avec eux sur le front. Le Coca fut un échec, mais le système de communication un grand succès, puisque c’est à elle que nous devons l’actuel Wifi, innovation sur laquelle elle ne toucha pourtant pas un dollar…

Au sens premier, Bombshell signifie obus. Si Hedy, incontestablement un canon, n’était pas de ces stars qui possèdent et déploient ce type d’armes, elle avait un cerveau et même, n’en seront surpris que les hommes qui pensent avec un autre organe, une philosophie. Elle la résume ainsi à la fin du film : « Tout ce que vous avez construit est fragile et disparaîtra. Construisez malgré tout, et donnez au monde le meilleur de vous-même. »

Hedy Lamarr : From Extase to Wifi, d’Alexandra Dean(1 h 26).

À lire : Ecstasy and Me, la folle autobiographie d’Hedy Lamarr (Séguier)

 

 


Par Michel Schneider. Modifié le  – Publié le  | Le Point.fr

http://www.lepoint.fr/culture/hedy-lamarr-plus-belle-femme-du-monde-et-scientifique-anti-nazis-06-06-2018-2224566_3.php?boc=1224511&m_i=szpIH%2B2KAvV3E_QIMa2KfVR4pdgL_Y6wyXHhMiVdsIPJRvPqRdaP3k80a3zedI9O9LpxEShCOd7cJcgulGO4P0tHaRXssj&M_BT=669846987688#xtor=EPR-6-[Newsletter-Mi-journee]-20180606