Asia Argento, Judith Godrèche, Angelina Jolie et Gwyneth Paltrow témoignent contre le producteur américain. AFP

 

 

Le scénario est souvent le même : Harvey Weinstein trouve un prétexte pour faire monter l’actrice dans sa chambre d’hôtel. Le producteur américain s’éclipse ensuite dans la salle de bain et en ressort vêtu d’un simple peignoir. Prétextant vouloir masser la jeune femme ou se faire masser, il se met à harceler sexuellement sa victime. Mardi soir, de nouveaux témoignages ont rejoint la liste accablante déjà dressée par le New York Times, dépeignant le magnat d’Hollywood comme capable d’agression sexuelle, mais aussi de viol, de manipulations et d’intimidation.

 

Asia Argento accuse Weinstein de viol

Selon Asia Argento, la fille du réalisateur italien Dario Argento, le producteur aurait eu une relation sexuelle orale non consentie avec elle en 1997 dans une chambre d’hôtel de la Côte d’Azur. «Cela ne s’arrêtait pas. C’était un cauchemar», raconte l’actrice au New Yorker. Elle explique que l’incident a été «un traumatisme horrible».

 

«J’ai été abimée», assure-t-elle au magazine américain. Elle affirme qu’Harvey Weinstein a insisté pour la voir, ce qu’elle accepté. Il a aussi eu d’autres relations sexuelles avec elle durant les cinq années suivantes. Elle les qualifie de consenties mais dit s’être sentie «obligée» de céder à ses avances. Elle affirme avoir gardé le silence pendant vingt ans, de peur que Weinstein ne détruise sa carrière.

 

Dans un même article du New Yorker, une jeune actrice, Lucia Evans, accuse le producteur de l’avoir forcée à lui faire une fellation en 2004 et une autre jeune femme, qui a souhaité garder l’anonymat, l’accuse d’une relation sexuelle forcée.

 

«J’étais pétrifiée», raconte Gwyneth Paltrow

 

Au New York Times, Gwyneth Paltrow raconte sa rencontre, à 22 ans, avec le magnat de Hollywood. Le producteur, qui a co-fondé les studios Miramax, l’avait engagée pour le rôle principal d’Emma, adapté du roman de Jane Austen. Avant le tournage, il lui aurait demandé de passer dans la suite qu’il occupait dans un hôtel de Beverly Hills. Harvey Weinstein aurait alors posé ses mains sur la jeune femme, lui suggérant d’aller dans la chambre pour des massages.

 

«J’étais une enfant, j’avais signé un contrat, j’étais pétrifiée», déclare-t-elle au quotidien américain. Elle affirme avoir refusé ses avances et en avoir parlé à son petit ami de l’époque, Brad Pitt, qui aurait ensuite confronté Harvey Weinstein. Un peu plus tard, le producteur aurait ordonné à l’actrice de ne parler à personne de l’incident. «J’ai cru qu’il allait me virer», assure l’Américaine.

 

Judith Godrèche : «Il m’a enlevé mon pull»»

 

Après les accusations d’Emma de Caunes, au tour d’une autre actrice française de témoigner à visage découvert. Il s’agit de Judith Godrèche. Sa rencontre avec le producteur américain remonte à 1996, au Festival de Cannes. Âgée alors de 24 ans, elle est à l’affiche du film Ridicule. Harvey Weinstein, qui vient d’acheter les droits, veut discuter du film avec elle. Le «roi» de Hollywood lui aurait alors demandé de le rejoindre dans sa chambre d’hôtel, pour profiter de la vue et parler de la promo du film ainsi que des prochains Oscars. «J’étais tellement naïve et pas préparée à ça», confie la Française au New York Times.

 

Le producteur aurait réclamé un massage. Demande refusée. Il aurait insisté, assurant que c’était une coutume américaine. «La seule chose dont je me souviens ensuite, c’est qu’il s’est pressé contre moi et m’a enlevé mon pull», assure l’actrice, qui l’aurait alors repoussé avant de s’enfuir. Judith Godrèche en aurait ensuite parlé à une responsable de Miramax. Cette dernière lui aurait conseillé de garder le silence.

 

Angelina Jolie parle de «mauvaise expérience»

 

L’actrice Angelina Jolie a également donné un court témoignage au New York Times. Le producteur lui aurait fait des avances «non désirées» depuis sa chambre d’hôtel, dans les années 1990. «J’ai eu une mauvaise expérience avec Harvey Weinstein dans ma jeunesse», écrit-elle dans un e-mail. «Par conséquent, j’ai choisi de ne plus jamais travailler avec lui et j’ai alerté ceux qui collaboraient avec lui.»

 

L’article du New York Times évoque aussi le cas de Rosanna Arquette, qui accuse le producteur d’agression sexuelle. Alors qu’elle était dans sa chambre d’hôtel, Weinstein aurait, là encore, demandé un massage. L’homme, vêtu d’un simple peignoir, l’aurait attrapée et pressée contre son entrejambe. L’actrice se serait immédiatement éloignée. «Rosanna, tu fais une grosse erreur», aurait-il déclaré.

 

Dans une déclaration transmise à plusieurs médias américains, la porte-parole du producteur assure que «toutes les accusations de relations sexuelles non consenties sont réfutées par Harvey Weinstein». Depuis les révélations du New York Timesjeudi dernier, le désormais paria d’Hollywood s’est mis en congé de sa maison de production, The Weinstein Company, dont le conseil d’administration l’a ensuite licencié, dimanche.

 

 

 

 

leparisien.fr, Juliette Pousson|11 octobre 2017, 9h10 | MAJ : 11 octobre 2017, 9h40

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