« Rester à l’heure d’été c’est une victoire pour la convivialité d’abord ! » salue Olivier Fabre, fondateur de l’Association européenne pour l’heure d’été. LP/Philippe Lavieille


A l’issue d’une consultation à laquelle ont pris part plusieurs millions de citoyens, le président de la commission européenne a annoncé ce vendredi qu’il allait supprimer l’heure d’hiver. Cette décision est bonne pour de nombreuses raisons.

Pour coller avec nos modes de vie

Lever avec le jour et coucher avec les poules, ça ne colle plus au rythme de vie des Français. Alors oui l’heure d’été est moins en phase avec l’ensoleillement naturel que l’heure d’hiver mais « ce qui était important pour nos aïeux, souvent paysans, qui vivaient à l’heure du soleil l’est beaucoup moins au XXIe siècle avec l’omniprésence des éclairages artificiels », note Pierre Philip, directeur de l’unité de recherche sommeil, addiction et neuropsychiatrie à Bordeaux (CNRS/Université de Bordeaux). Quand il s’agit de bien dormir les rythmes sociaux jouent « au moins autant » que la lumière insiste le spécialiste.

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Pour limiter les accidents

Depuis des années, la sécurité routière enregistre un pic d’accidentalité de + 43 % pour les piétons en fin de journée dans la semaine qui suit le retour à l’heure d’hiver. Parce que beaucoup d’enfants et d’adultes sont surpris par la nuit au moment de la sortie des classes ou des trajets de fin de journée professionnels. Sans compter que sommeil étant perturbé, la vigilance et l’attention baissent. « Attention, prévient Anne Lavaud secrétaire générale de l’association Prévention routière. L’hiver reste l’hiver, bien sûr si l’on cesse de changer d’heure, il n‘y aura plus d’effet de surprise, mais la période d’ensoleillement est plus courte en janvier qu’en juin, il faudra continuer à être vigilants, et rendre visible ces enfants, avec des bandes réfléchissantes sur le cartable par exemple. »

Pour nos belles soirées d’été

« Rester à l’heure d’été c’est une victoire pour la convivialité d’abord ! salue Olivier Fabre qui a créé l’Association européenne pour l’heure d’été. Parce que nous sommes tous heureux de profiter des beaux jours le plus longtemps possible. C’est aussi bon pour toute l’économie du tourisme parce que les gens sortent et consomment plus au soleil », s’enthousiasme celui qui est aussi, maire de Mazamet (Tarn).

Pour faire plus de sport

Les longues soirées poussent les sédentaires à se mettre au sport. En effet, les joggers du petit matin qui enfilent leurs baskets à 5 heures sont rares, la pratique sportive surtout chez les jeunes c’est après le boulot ou les cours. Et même pour filer à la piscine (certes éclairée), c’est beaucoup plus attirant quand on se dit qu’il reste des heures d’ensoleillement. « Sur le terrain, c’est une évidence ! Insiste Jean Claude Perrot, président de France loisir amateur. Les terrains sont très mal éclairés dès qu’on passe en heure d’hiver. Pour les enfants qui ont foot après les cours, les terrains ne sont pas au pied des immeubles, il faut ensuite rentrer dans le noir… »

Pour soigner son moral

Davantage de soleil en soirée permet d’éviter les « dépressions saisonnières très communes », pointe Claire Leconte chronobiologiste. Bien sûr, en heure d’été on perd un peu de rayons de soleil au lever « mais le matin on court au travail, le bénéfice n’est pas le même », explique la spécialiste. Le tout grâce à une hormone du sommeil dont la sécrétion est bloquée en pleine lumière : la mélatonine. En « option » été, on se sent donc en pleine forme et de bonne humeur.

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|Emilie Torgemen et Romain Baheux|31 août 2018, 21h24|MAJ : 31 août 2018, 21h48|

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