Avignon (Imagesource/Rea)


 

BOUGER : SUR LES FLOTS OU AU GALOP

Jérémie Azou, champion du monde d’aviron, a développé ses talents de rameur, ici, sur le Rhône. Dans cette région il aurait aussi bien pu devenir cavalier, cycliste, alpiniste…

(Raphaël Helle/L'Obs/Signature)
(Raphaël Helle/L’Obs/Signature)

Il fait partie de ces hommes agaçants. Une gueule. Une carrure d’Apollon digne des gars qui tournent des publicités pour les marques de parfum. Une médaille d’or aux jeux Olympiques (à Rio en 2016) autour du cou et trois autres de champion du monde d’aviron. En plus, il est drôle, modeste et sympathique. Jérémie Azou, 29 ans, incarne la figure du sport à Avignon.

Une ville qui n’a guère enfanté de champions. Mis à part le rugbyman de Clermont-Ferrand Ludovic Radosavljevic. Et l’ancien pilote de formule 1 Jean Alesi, qui, fait rarissime, possède déjà, de son vivant, une petite place à son nom à l’intérieur des remparts. L’année dernière, Azou, né à Avignon en 1989, a pris deux décisions.

La première, arrêter sa carrière de rameur. « J’ai commencé à me lever certains jours en me demandant pourquoi j’allais m’entraîner. Et quand cela devient trop récurrent, c’est que ce n’est plus un coup de blues. Quand la flamme s’éteint alors que tu es au top niveau, ce n’est plus possible. » Et c’est signe de sagesse que de sortir par le haut. Seconde décision, plus surprenante : quitter Avignon pour… Valenciennes. Interrogé, il en rit :

« Oui, les gens font en général le chemin inverse. »Mais l’amour est plus fort que les préjugés. Pour suivre sa compagne, ingénieure de recherche qui venait d’y décrocher un poste très intéressant, il est parti dans le Nord. « A l’automne, il se pourrait qu’elle obtienne un job aux Etats-Unis. Mais après on rentre dans le Sud ! Parce que mon cœur demeure à Avignon. » Aujourd’hui kinésithérapeute et ostéopathe, auteur d’un livre récent sur les régimes alimentaires (« Une médaille à la faim ! », aux éditions Synchroniques), il aime profondément sa ville natale.

« Beaucoup de gens rêvent de quitter l’endroit où ils ont grandi, moi je rêve d’y retourner et de m’y installer pour de bon. » C’est ici qu’il a appris à ramer, sur le Rhône, après avoir longtemps pratiqué la natation. « A 13 ans, j’avais fait le tour des bassins. Des copains faisaient de l’aviron, j’ai voulu essayer.

Et j’en suis tombé amoureux. » Il a d’abord très mal aux mains. Avant de se rendre compte assez rapidement qu’il est fait pour ce sport. Et qu’il peut légitimement viser le plus haut niveau. Pendant dix ans, les compétitions l’auront régulièrement tenu éloigné d’Avignon et des siens. Jérémie Azou le regrette.

« Mon grand-père disait : ‘Il faut profiter des gens de son vivant.' »Il veut aussi profiter de sa ville. « J’adore me balader à pied dans le centre. Le patrimoine architectural est tellement riche que, en marchant les yeux en l’air, vous découvrez toujours un détail qui vous avait échappé. » Il aime les églises et les hôtels particuliers, le Palais des Papes, le poids de l’histoire.

« Le patrimoine exceptionnel de la ville parle de lui-même. J’aime son climat, ses cigales et son mistral, sa tranquillité, sa taille humaine. » Il apprécie aussi le fait que la mer soit seulement à une heure de route, du côté des Saintes-Maries-de-la-Mer, du Grau-du-Roi ou de la Côte bleue. Et puis, évidemment, il y a la présence du Rhône, qui a vu naître son aventure olympique. Il évoque des cachettes du côté du Pontet, de l’île de la Barthelasse ou sur la Durance.

« Quand vous ramez, vous découvrez des coins merveilleux, des havres de paix insoupçonnés. Du côté d’Avignon, je vous assure qu’ils ne manquent pas. »# À cheval

(Colombe Production/OT Vaucluse)
(Colombe Production/OT Vaucluse)

Ce n’est certes ni la Normandie ni la Camargue, mais les amateurs d’équitation y trouveront plusieurs clubs proposant des stages ou des cours pour les vacances scolaires. A cinq minutes du pont d’Avignon, sur l’île de la Barthelasse, le Centre équestre et Poney Club d’Avignon accueille les cavaliers à partir de 3 ans, du débutant au Galop 8.

De l’autre côté du Rhône, à Villeneuve-lès-Avignon, le Centre équestre et Poney Club du Lozet possède un parc de 10 hectares, dont un parcours de cross et un manège couvert. On y trouve une trentaine de chevaux et toutes sortes d’activités, y compris le tir à l’arc à cheval.

Centre équestre et Poney Club d’Avignon, 1083, chemin du Mont-Blanc, la Bar thelasse, Avignon, 04-90-85-83-4 8, cheval-avignon.ffe.com.

Centre équestre du Lozet, chemin du Lozet, Villeneuve-lès-Avignon, 04-90-25-38-97, centreequestrelozet.com.

# À vélo

Les routes et les circuits à découvrir à vélo sont innombrables dans la région. Les plus courageux partiront (de très bonne heure pour éviter la chaleur) à l’attaque du mythique mont Ventoux (1.900 mètres), à une soixantaine de kilomètres d’Avignon.

Pour les amateurs de VTT, le département a créé la « grande traversée de Vaucluse en VTT » labellisée par la Fédération française de Cyclisme. Le circuit, de 400 km, comprend neuf étapes de 45 km en moyenne. Le parcours traverse le nord et le sud du mont Ventoux, les Dentelles de Montmirail, le plateau de Sault puis les monts de Vaucluse. Attention, le niveau requis peut être parfois élevé.

Vaucluse.fr/tourisme-sports et Provence-a-velo.fr/circuits-vtt/grande-traversee-vtt/offres-102-1.html.

# À l’eau

Pour ceux qui n’ont pas forcément le potentiel de Jérémie Azou, le Comité Vaucluse de canoë-kayak propose de naviguer tranquillement sur toutes les rivières du département : la Sorgue, l’Ouvèze, la Durance… et bien entendu le Rhône. Les canoës disposent de huit places, les kayaks de une à trois et les paddles entre une, cinq et huit.

De ce côté-ci, la balade passe à Avignon sous le célèbre pont. Au menu, promenade en canoë ou en paddle sous le pont ou descente du Rhône, de jour et de nuit.

Canoé Vaucluse, allée Antoine-Pinay, île de la Barthelasse, Avignon, Canoe-vaucluse.fr.

# Là-haut

Et si on prenait un peu de hauteur ? Du côté de Carpentras, le club d’escalade Sensabloc propose des stages de sortie en falaise. Ouverts à tous : enfants à partir de 6 ans, débutants, grimpeurs expérimentés, ados et adultes. Le club organise aussi des circuits en via ferrata, avec des départs à partir de quatre personnes.

Sensabloc, 219, chemin de la Reynarde, Carpentras, 06-98-77-85-17, sensabloc.fr. Tarif pour une demi-journée (non licencié) : 35 euros.

 

BULLER : DE LA VILLE À LA MER

Certes, Avignon n’est pas au bord de la mer, mais les plages de Méditerranée ne sont pas loin. Et les bons plans ne manquent pas pour échapper au cagnard !

(D. Marche)
(D. Marche)

Au milieu du Rhône trône l’île de la Barthelasse. Territoire préservé de l’urbanisation, c’est l’endroit rêvé pour faire la sieste à l’ombre, dans l’herbe, au bord du fleuve. En ville aussi, trouver le calme est possible, Avignon ayant été métamorphosée ces dernières années par une politique d’urbanisme qui a rendu une bonne partie des rues et des places aux piétons et aux cyclistes. Se promener jusqu’à la place des Corps-Saints, en empruntant la rue des Fourbisseurs, la place Saint-Didier et la rue des Trois-Faucons sans croiser une voiture, est désormais un vrai plaisir. Mais la ville possède bien d’autres atouts détente. Voici notre sélection.


(D. Marche)

# Baignade douce ou salée

Quand il fait beau, on entend souvent la même question aux terrasses des cafés d’Avignon : « On se fait une plage ? »

Plusieurs possibilités sont ouvertes, à plus ou moins une heure de route (sans les bouchons !). D’ouest en est, il y a d’abord la fameuse côte Bleue : 22 kilomètres de criques, calanques, pinèdes, ports et villages, du côté du Rove ou de Carry-le-Rouet. Puis les Saintes-Maries-de-la-Mer, via Arles et la Camargue. Plus à l’est, vers Nîmes et Montpellier, les grandes plages du Grau-du-Roi et de La Grande-Motte.

Ceux qui préfèrent la baignade en eau douce et rouler moins longtemps trouveront une multitude de rivières du côté de l’Isle-sur-la-Sorgue ou proche du pont du Gard. Au pied du mont Ventoux, se trouve un site de toute beauté : les gorges du Toulourenc.

On peut se baigner à plusieurs endroits, après le hameau de Veaux, à Saint-Léger-du-Ventoux. Sur l’Ouvèze, à Entrechaux, vous trouverez au niveau du pont Saint-Michel un grand bassin naturel.

Enfin, au bord du Gardon, vous profiterez d’une multitude d’endroits idéals pour la baignade, comme à Collias ou Poulx.

# Instant yoga

C’est un véritable temple du bien-être qui a ouvert au cœur d’Avignon, dans la très belle rue des Trois-Faucons : Le Nid est un immense centre de yoga (6 000 mètres carrés, pour adultes et enfants) avec des professeurs spécialisés dans chaque discipline. On y trouve même du « fly yoga », qui se pratique dans un hamac. Pour se restaurer, on peut faire une pause à la cantine et déguster des plats à base de produits bio ou issus de l’agriculture raisonnée.

L’endroit héberge aussi CQFD, boutique de design écoresponsable (papeterie, arts de la table, mode) tenue par Cindy Chastagner. Sans oublier des ateliers de naturopathie et un salon d’accueil sous une grande verrière.

Le Nid, 7, rue des Trois-Faucons, Avignon, inspireyogaavignon.fr et cqfd-avignon.fr. Cours collectif de yoga (1 h 30) : 19 euros, carnet de 10 cours, 160 euros.

Shopping à la fraîche

# Arrêt au numéro 35

Au départ, ce devait être une boutique éphémère. Et puis, le talent aidant, Numéro 35 est resté. Tant mieux !

Avignon ne compte pas tant de boutiques d’artisans et de créateurs de bon goût que cela… Et celle-ci vaut vraiment le détour. Porcelaines inspirées des fonds marins de Léna von Busse, peintures d’Aurélie Alvarez, lunettes et nœuds papillon en bois d’Arka Créations, cosmétiques 100% bio de Cerra, tout est beau, léger, écoresponsable et à des prix très raisonnables. Gros coup de cœur pour les luminaires en bois clair, splendides et aériens, de l’ébéniste Julie Le Moel (Ateliermermoz.fr).

Numéro 35, 35, rue des Fourbisseurs, Avignon, numero35.fr

# Touche danoise

Que le peintre danois John Gormsen nous pardonne d’avoir classé sa galerie-boutique à la rubrique shopping. On y trouve d’abord ses toiles, abstraites et contemporaines, dans lesquelles il joue avec talent avec les matières : or, or blanc, argent, cuivre… Le cadre est superbe (la splendide place Saint-Pierre) et l’on vient de loin pour acheter ses œuvres. La clientèle est en grande partie étrangère, notamment américaine. Le truculent maître des lieux propose aussi des objets de design scandinave à l’esthétique dépouillée plutôt rare dans le coin : vases, ustensiles de cuisine, bougeoirs… C’est en somme l’antiboutique de souvenirs provençaux, et c’est tant mieux !

John Gromsen, 2, place Saint-Pierre, Avignon, 04-90-85-00-64, johngormsen.com. Tous les jours de 14 heures à 1 heure du matin.

Dormir en paix

# Au calme

Nous sommes en plein centre-ville et il n’y a pas un bruit, hormis le chant des oiseaux et l’eau qui coule dans le petit jardin. Cette grande demeure des XVIIe et XIXe siècles a été récemment transformée en maison d’hôtes. Une réussite, dans une ville où les hôtels sympathiques sans être luxueux se comptent sur les doigts d’une main.

Pouvant accueillir entre deux et quatre personnes, certaines chambres comprennent une petite cuisine avec tout le nécessaire. Quelques-unes disposent d’une grande terrasse.

C’est beau, discret, décoré avec goût et le délicieux petit déjeuner est compris dans le prix.

Au cœur d’Avignon, 9, rue du Collège-d’Annecy, Avignon, 06-87-72-32-7 7, aucoeurdavignon.com. A partir de 100 euros/nuit. Bar à vins ouvert du jeudi au samedi de 18 heures à 1 heure du matin.

# Une chambre en ville

Nous voici de l’autre côté du Rhône, à cinq minutes en voiture, à Villeneuve-lès-Avignon, petite ville magnifique avec sa Chartreuse et son fort Saint-André qui domine la cité. En plein centre historique, la maison d’hôtes les Jardins de la Livrée est située dans une belle maison provençale avec jardin et piscine. Cinq chambres impeccables et climatisées avec vue sur le jardin, à l’écart de la fournaise estivale.

Les Jardins de la Livrée, 4, bis rue Camp-de-Bataille, Villeneuve-lès-Avignon, 04-86-81-00-21, la-livree.fr. A partir de 100 euros/nuit.

(Martin Stein/La Mirande)
(Martin Stein/La Mirande)

# Hors du temps

Cette ancienne résidence des cardinaux, cachée derrière le Palais des Papes, est aujourd’hui un magnifique hôtel cinq étoiles. Les 26 chambres, dont les miroirs cachent parfois des écrans de télévision, ont toutes gardé leur atmosphère XVIIIe siècle. Au rez-de-chaussée, donnant sur le jardin, la salle du restaurant, dirigé par le très talentueux chef Florent Pietravalle (30 ans seulement), est presque restée intacte depuis le XIVe siècle.

La carte des vins propose pas moins de 600 références. La Mirande possède aussi son salon de thé, caché dans un jardin superbe et silencieux. Plus une table d’hôtes, La Table Haute, sur laquelle veille l’autre surdouée des lieux, la chef Séverine Sagnet (34 ans). Neil Armstrong, le premier homme à avoir marché sur la Lune, y a un jour dîné incognito.

La Mirande, 4, place de l’Amirande, Avignon. 04-90-14-20-20, la-mirande.fr. Chambre à partir de 485 euros la nuit.

# En toute simplicité

Difficile de faire plus central (à cinq minutes du Palais des Papes) et plus historique… L’Hôtel de Garlande est une bâtisse du XVIIIe siècle, héritière d’une première construction vieille de cinq cents ans. Son nom vient des bijoux en forme de guirlande jadis fabriqués par les orfèvres. Rien de luxueux, mais une bonne adresse où l’on est bien reçu. Un des meilleurs rapports qualité-prix en ville.

Hôtel de Garlande, 20, rue Galante, Avignon, 04-90-80-08-85, hoteldegarlande.com. A partir de 98 euros/nuit.

 

SE CULTIVER : PLUS QU’UN FESTIVAL !

Une foultitude de théâtres et de superbes musées publics, tous gratuits, sans oublier l’opéra. Et le Palais des Papes, qui innove avec une visite ludique et interactive. Cet été, chassez l’ennui !

(Histovery/Empreinte d'Ailleurs.Bar)(Histovery/Empreinte d’Ailleurs/Bar)

# Un vrai voyage dans le temps

Ils sont là, en chair et en os… ou presque. Le pape, les cardinaux, les cuisiniers, les gardes. On ne les entend pas mais on les voit. Dans les anciennes cuisines, les gibiers sont en train de rôtir et les plats attendent d’être servis. Par quel miracle ? Celui de l’Histopad, une tablette tactile remise à chaque visiteur du Palais des Papes. Disponible en sept langues, mais aussi en langue des signes et pour les malvoyants, elle permet de visiter autrement le plus grand palais gothique d’Occident (15.000 mètres carrés de plancher, soit, en volume, quatre cathédrales), dont la restauration est en voie d’achèvement.

Une vraie bonne raison pour visiter ce lieu somptueux, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, constitué d’un ensemble monumental flanqué de quatre tours, symbole du rayonnement de l’Eglise sur l’Occident chrétien au XIVe siècle.

Le principe est simple : pour zéro euro (le prêt de la tablette est compris dans le billet d’entrée), le visiteur, géolocalisé pour mieux se repérer sur son écran, croise des bornes interactives dans neuf salles du bâtiment. Il les vise à l’aide de la tablette, l’image s’anime, et il a alors l’impression de remonter dans le temps. En déplaçant la tablette vers les murs, les sols ou les plafonds (celui au ciel d’étoiles d’or est somptueux), il est possible de voir, à travers l’écran et grâce à la magie de la réalité augmentée, le lieu tel qu’il se présentait au XIVe siècle !

On peut alors admirer les banquets, les salles de réception, les tables garnies de victuailles, mais aussi les poutres richement décorées, les murs ornés de tapisseries et de peintures rouges ou vertes.

« Ce n’était pas du tout austère mais au contraire très chaleur eux, très coloré, ce qu’on a du mal à imaginer aujourd’hui », explique Marie Fraisse, guide au Palais des Papes.Elle qui connaît pourtant les lieux par cœur, se souvient d’avoir été très émue en voyant les images, validées par un comité scientifique, s’animer. Les visiteurs peuvent même zoomer sur les objets et les décors afin d’en examiner les plus infimes détails. Pour les enfants, une chasse au trésor virtuelle est proposée.

La pièce la plus étonnante est la cuisine haute, dont on dit que l’on pouvait y faire rôtir cinq bœufs en même temps. Une fois la tablette connectée, les plats de viandes, de volailles et de légumes y apparaissent. Au milieu de la pièce, un brasero gigantesque s’enflamme. Il fallait bien cela pour nourrir parfois plusieurs centaines de convives. A noter que, pour des raisons de sécurité, seul le pape avait droit à un couteau…

Palais des Papes, place du Palais, Avignon, 04-32-74-32-74, palais-des-papes.comavignon-tourisme.com. Ouvert tous les jours. Tarifs : 12 euros/10 euros.

# La maison du maître

Sise dans le très bel hôtel de Crochans, la Maison Jean-Vilar entend favoriser le rayonnement de l’œuvre du fondateur du Festival d’Avignon. Elle abrite aussi une antenne de la Bibliothèque nationale de France.

Jusqu’au 21 décembre, très émouvante exposition des croquis de théâtre de Cabu, réalisés à la fin des années 1960. A partir du 6 juillet, une exposition est consacrée à Jeanne Moreau.

Maison Jean-Vilar, 8, rue de Mons, Avignon, 04-90-86-59-64, maisonjeanvilar.org. Ouvert tous les jours (fermé en août). Accès libre à l’exposition permanente.

# Du théâtre toute l’année

C’est au XIVe siècle, dans le cloître Sainte-Claire, que Pétrarque aperçut Laure de Noves et en tomba amoureux. Le bâtiment accueille désormais le Théâtre des Halles, l’un des hauts lieux d’Avignon, et pas seulement durant le festival. Son fondateur, le metteur en scène et scénographe Alain Timár, parie chaque saison sur de nouvelles créations destinées à tous les publics.

Théâtre des Halles, rue du Roi-René, Avignon, 04-32-76-24-51, theatredeshalles.com.

# Loups et hiboux

Certes, ce n’est pas le Muséum d’Histoire naturelle de Paris mais les enfants (et les moins jeunes) seront ravis de visiter le Muséum Requien.

Au fil des vitrines, des loups, des renards, toutes sortes d’oiseaux, dont de nombreux rapaces, un petit ours brun… Mais aussi une histoire de la région depuis la préhistoire au travers de nombreux fossiles. Vous ne risquez pas de manquer les têtes de tyrannosaure et de mosasaure (un reptile marin) : elles sont énormes !

Museum Requien, 67, rue Joseph-Vernet, Avignon, 04-90-82-43-51, museum-requien.org. Ouvert du mardi au samedi. Entrée libre.

# Un petit Louvre

Dans ses « Mémoires d’un touriste », Stendhal, en 1838, célébrait déjà « les grands arbres du jardin ». Nous sommes ici en plein centre-ville, chez Joseph-Ignace de Villeneuve-Martignan, nommé premier consul d’Avignon en 1738.

Près de trois siècles plus tard, le Musée Calvet demeure sans doute le plus bel hôtel particulier d’Avignon, avec sa cour, ses pièces immenses et son escalier spectaculaire. Ici, les collections sont riches : sculptures de Camille Claudel et de la Renaissance italienne ; arts de l’islam ; arts premiers et asiatiques. Sans compter les œuvres de Bonnard, de Soutine, de Vlaminck ainsi que des maîtres flamands et italiens du XVIe au XVIIIe siècle.

Musée Calvet, 65, rue Joseph-Vernet, Avignon, 04-90-86-33-84, musee-calvet.org. Fermé le mardi. Tarifs : 6 euros/3 euros.

(ADAGP, Paris 2010)
(ADAGP, Paris 2010)

Et aussi…

# La fondation Lambert

Un fonds d’art contemporain incroyable : Basquiat, Warhol, Barceló, Sol LeWitt, Nan Goldin…

5, rue Violette, 04-90-16-56-20, collectionlambert.fr

# Musée Angladon

Issues des collections de Jacques Doucet, des merveilles signées Van Gogh, Degas, Cézanne, Sisley, Picasso, Modigliani…

5, rue du Laboureur, 04-90-82-29-03, angladon.com

# Opéra Grand Avignon

Jusqu’en 2019, il est délocalisé à l’Opéra Confluence. Cet été : ballets, concerts, musique baroque…

Place de l’Europe, 04-90-14-26-00, operagrandavignon.fr

# L’Utopia

Le seul cinéma d’art et d’essai en ville.

7, rue Figuière et 4, rue des Escaliers-Sainte-Anne, 04-90-82-65-36, cinemas-utopia.org

# La mémoire du monde

Excellente librairie au centre-ville.

36, rue Carnot, 04-90-85-96-76.

# La librairie de la Chartreuse

Recommandée par Olivier Py.

58, rue de la République, Villeneuve-lès-Avignon, 04-90-15-24-48, chartreuse.org

 

SE RÉGALER : LA CITÉ DES PAPILLES

Une nouvelle génération de chefs redore la réputation culinaire de la ville, à l’instar de Mathieu Desmarest. Enfant du pays, il vient d’ouvrir sa table, Pollen.

(Alexandre Duyck pour L'Obs)
(Alexandre Duyck pour L’Obs)

# Le Mozart des fourneaux

A 10 ans, Mathieu Desmarest n’avait qu’une idée en tête : « Je voulais qu’en rentrant du boulot le soir ma mère n’ait qu’une chose à faire : s’asseoir, mettre les pieds sous la table et bien manger. » Le gamin, à peine revenu de l’école, revêtait son tablier, ouvrait les placards, piochait au hasard les ingrédients et cuisinait. Déjà, il possédait le don de la mise en place.

Dix-huit ans ont passé, Desmarest possède un CV long comme le bras d’un basketteur et vient de concrétiser son rêve : le 18 juin dernier, il a inauguré dans une petite rue charmante du centre-ville son propre restaurant, Pollen. Derrière bien des vocations de chef, on trouve une grand-mère. Dans son cas non plus, ça ne loupe pas :

« Ma grand-mère italienne préparait de délicieux gnocchis à la cannelle, ou encore le frico, une galette de pommes de terre très finement coupées avec du romarin, de l’huile d’olive et du fromage. »Mathieu Desmarest a grandi de l’autre côté du Rhône, à Villeneuve-lès-Avignon. Au collège, il fait un premier stage dans un restaurant de sa ville. C’est la confirmation de sa vocation. Puis chez Christian Etienne, le seul étoilé Michelin d’Avignon. A 16 ans, il intègre l’école hôtelière. Tout va très vite avec Mathieu Desmarest, à l’image de sa démarche et de son débit de paroles : meilleur apprenti de France en 2008, il est recruté par Paul Bocuse en personne.

« J’avais 18 ans, on me proposait d’intégrer une maison trois étoiles, la plus connue au monde, je n’en croyais pas mes yeux ! »Il y travaille les bases : les vrais jus, la découpe de la volaille de Bresse par dizaines, les colverts à déplumer… « On nous y apprenait à devenir à la fois des hommes et de bons cuisiniers. J’ai gagné dix ans en maturité. » Trois ans passent et il entre chez Frédéric Anton, au Pré Catelan (trois étoiles au Michelin), à Paris, où il développe un peu plus son art de cuisiner, notamment les poissons. Et ça continue… Deux ans plus tard, le chef des cuisines de l’Elysée, Guillaume Gomez, le débauche. A 23 ans, Mathieu Desmarest se retrouve à servir François Hollande et ses conseillers, dont un certain Emmanuel Macron.

« C’était incroyable ! Tu sers dans de la porcelaine de Sèvres dorée à la main, des verres Baccarat magnifiques… »Son plus grand souvenir ? La réception de la reine Elizabeth II. On lui avait dit : « Une fois que tu es aux cuisines de l’Elysée, tu y restes toute ta carrière. » Lui, non. Il revient à Avignon, où il dirige les cuisines de l’Hôtel de l’Europe (cinq étoiles) avant de racheter le restaurant le CO2, dont il fera Pollen : 28 couverts, une petite terrasse au calme, quatre personnes en cuisine, dont lui, qui servent directement les plats.

Depuis quelques semaines, il y propose une cuisine audacieuse et racée à travers un menu avec deux entrées, deux viandes, deux poissons et deux desserts. La carte change toutes les semaines, mais on pourra par exemple y trouver du maquereau à la flamme, fenouil et bouillon de harissa, des tomates cœur-de-bœuf, huile vanille-citron vert et brousse du Rove, une caille rôtie, embeurée de monalisa, melon au vinaigre et jus à l’encre ou encore un maigre de ligne jaune aux amandes, courgettes et écume de citron brûlé. En dessert, Desmarest évoque un « corps à corps Granny Smith, concombre, fromage frais acidulé, sésame caramélisé ». Son envie ? « Que les gens repartent simplement en disant : ‘C’était hyper bon !’. »

Pollen, 3 bis, rue de la Petite-Calade, Avignon, 04-86-34-93-74, pollen-restaurant.fr. Ouvert du lundi au vendredi. Menus à 28 (déjeuner) et 39 euros. Le soir, formule « carte blanche » où le chef décide de plats surprise : 58 euros. Réservation indispensable.

# Bien caché

En voilà un qui porte bien son nom.Le Coin Caché se trouve sur une minuscule place ombragée, d’un calme absolu, à cinq minutes à pied du Palais des Papes.

Le souriant Hakim Mellah propose une cuisine fraîche et inventive (taboulé de quinoa, boulgour et blé aux avocats, grenade, pamplemousse, concombre et zeste de citron vert à 10 euros ; dos de cabillaud, sauce coco-curry vert, purée de châtaignes à 19 euros). Le soir, formule entrée, plat, dessert à 29 euros.

Le Coin Caché, 4, place du Cloître-Saint-Pierre, Avignon, 04-90-85-35-64. Fermé le mercredi.

# En compagnie de Zidane

On entre dans la somptueuse cour de l’Hôtel de Caumont, qui abrite la Collection Lambert, exceptionnel musée d’art contemporain. Au centre, une gigantesque statue représente le fameux coup de tête de Zidane en 2006.

Sur la droite, se déploie la terrasse du restaurant Le Violette. Le chef, Nicolas Samurkas (ancien du Palais de Tokyo, à Paris), propose une cuisine légère et délicieuse qui mêle saveurs d’Asie et de Méditerranée : yakitoris de poulet et saté ; cœurs de sucrine, tomates, ananas, huile d’olive, citron et thon ; dame de Shanghai (salade de poulet au chou et carottes râpées). En dessert, la tarte au citron meringuée au wasabi mérite à elle seule le détour.

Le Violette, 5, rue Violette, Avignon, 04-90-85-36-4 2, collectionlambert.fr. Entrées : 7-15 euros ; plats : 15-20 euros ; desserts : 8-9 euros. Ouvert tous les jours de 11 h à minuit. Réservation conseillée.

# Institution locale

Le seul étoilé Michelin de la ville, fondé il y a trente ans par le chef Christian Etienne, repris depuis deux ans par son bras droit, Guilhem Sevin. Une terrasse avec vue imprenable sur le Palais des Papes, une cuisine et un accueil dignes d’un deux étoiles et une carte des vins exceptionnelle (700 références dont 150 Châteauneuf-du-Pape).

N’hésitez pas à bavarder avec le jeune sommelier, Antoine Olivain, un enfant d’Apt, absolument passionnant. Juste après le homard, à mi-repas, ceux qui auront opté pour le menu gastronomique pourront écouter, à l’aide d’écouteurs individuels, un court programme audio qui les transportera là où nul ne va : à l’intérieur des cuisines.

Restaurant Christian Etienne, 10, rue de Mons, Avignon, 04-84-88-51-27, christianetienne.fr. Fermé le mercredi. Formule midi : 34 euros. Dîner gastronomique : 130 euros.

# En face

De l’autre côté du Rhône, Villeneuve-lès-Avignon, avec son fabuleux patrimoine historique, est l’un des lieux favoris des Avignonnais en dehors des remparts. Mathieu Desmarest recommande justement de venir faire un tour dans sa chère cité.

On y a dégoté, tout près de la magnifique Chartreuse, un lieu à part, la Maison Bronzini. Son moulin à huile de la Chartreuse, sa boutique gourmande, sa pâtisserie pour laquelle certains parcourent des kilomètres et un bistrot, le Bistrot du Moulin. Denis Blin, le nouveau chef, propose une cuisine typiquement méditerranéenne, accompagnée d’une belle carte des vins de la région.

Maison Bronzini, 74, rue de la République, Villeneuve-lès-Avignon, 04-90-25-45-59, maisonbronzini.com. Ouvert tous les jours. Suggestions du midi : 15 euros. Formules du soir : 30-37 euros.

# Tout beau, tout bio

Si vous avez la chance d’être en terrasse, levez les yeux et laissez-vous étourdir par l’immensité de la tour du Trouillas (52 mètres de haut).

Située derrière le Palais des Papes, la Manutention est un lieu calme, silencieux, sauf en plein festival, lorsque l’on y sert 500 couverts par jour. Ici, l’accent est mis sur le bio ou l’agriculture raisonnée et la cuisine, peu coûteuse, est délicieuse. De plus, l’accueil est très sympathique !

La Manutention, 4, rue des Escaliers-Sainte-Anne, Avignon. 04-90-86-86-7 7. Ouvert tous les jours. Entrées : env. 8 euros ; plats : env. 17 euros.

# Boulangerie

Chez Pierre-Julien et Guillaume, devenus boulangers dans le cadre d’une reconversion, rien n’est conventionnel. Bella Ciao, jolie petite boutique à la devanture bleue, se veut une « boulangerie utopiste ». Ici, les pesticides sont bannis : farines, œuf et beurre bio pour le pain, fabriqué dans le respect des temps de cuisson traditionnels. Ça sent terriblement bon, la vraie odeur du pain !

Bella Ciao, 43, rue des Fourbisseurs, Avignon, 06-95-15-84-66. Ouvert du mardi au samedi.

# Épicerie fine

Annexe de la maison mère de L’isle-sur-la-Sorgue, La Maison Moga d’Avignon propose un excellent choix de fromages, charcuterie, tapenades, huiles d’olive, cèpes séchés, confits, alcools, chocolats… Ancien sommelier chez Christian Etienne, Alain parle merveilleusement du vin. La boutique offre plus de 200 références, vendues entre 9 et 315 euros la bouteille. Petites dégustations (huit personnes maximum) les jeudis soir.

La Maison Moga, 96, rue Joseph-Vernet, Avignon, 04-84-51-07-35, maisonmoga.fr. Ouvert tous les jours.

# Les deux Bibs qui montent

Recommandées par les chefs Mathieu Desmarest et Florent Pietravalle, ces deux adresses ont décroché un Bib gourmand au Michelin…

Caché dans une petite rue, Italie là-bas! est le meilleur italien de la région. Venue de Naples, la jeune Italia Palladino mixe toutes les cuisines de son pays dans des recettes à tomber. Artichauts glacés à l’eau de Pecorino, menthe réglisse, anchois, citron et sarrasin ; risotto à la crème d’aubergines violettes et basilic, poêlée de poulpe de roche, céleri et cébette ; poivre sichuan, basilic thaï et mozzarella di bufala. Tout est délicieux, et, si l’on s’assied au fond, on voit les cuisiniers à l’œuvre !

Autre Bib gourmand, L’Agape, situé sur une des plus belles de la ville. L’accueil y est attentionné et les patrons, Anne et Julien Gleize, pros jusqu’au bout des fourneaux. Si l’endroit n’a rien de guindé, la qualité de la cuisine (jusqu’aux desserts, préparés par un pâtissier maison) dépasse de loin celle de la plupart des restaurants de la région : inoubliable fraîcheur de tourteaux et omble chevalier, fine gelée de petits pois au piment d’Espelette, radis, petits pois et citrons confits. Ou encore ris de veau cuit au sautoir, petits légumes de saison confits au cumin, jus de viande corsé au foie gras. Très solide carte des vins, dont de nombreux Châteauneuf-du-Pape.

Italie là-bas !, 23, rue Bancasse, Avignon, 04-86-81-62-27. Du mercredi au dimanche. Menus de 33 à 75 euros. Réservation vivement conseillée.

L’Agape, 1, place des Corps-Saints, Avignon, 04-90-85-04-06, restaurant-agape-avignon.com Formule entrée, plat, dessert (déjeuner) : 26 euros. Menus du soir : 33, 4 8 et 70 euros. Réservation vivement conseillée.

 

S’AMUSER : ON Y DANSE !

Chaque année, au rythme des festivals In et Off, Avignon se métamorphose en ville remuante où l’on prend plaisir à boire et à guincher.

(Cédric Delestrade/ACM)

Les bars

# Divin

Dans le cadre sublime de la maison d’hôtes La Divine Comédie, le très beau bar nommé Le Complot vaut le détour. Carte de cocktails, bonne musique et terrasse avec vue imprenable sur le jardin de la maison, le plus grand espace vert privé de toute la ville.

Le Complot, impasse Jean-Pierre-Gras, Avignon, 06-51-35-27-97, le-complot.com

# Joli cœur

On est ici à deux pas de la rue de la République, la plus commerçante d’Avignon, et pourtant c’est une oasis de calme et de tranquillité. Ouvert il y a deux ans, Au Cœur d’Avignon est une maison d’hôtes (voir p. 7) mais aussi un bar à vins à l’esthétique scandinave et anglaise chic. Grande sélection de vins au verre et en bouteilles (Côtes-du-Rhône, Alpilles, Châteauneuf-du-Pape, Bandol…), de champagnes et de bières. Excellentes planches de fromages et charcuteries.

Au Cœur d’Avignon, 9, rue du Collège-d’Annecy, Avignon, 06-87-72-32-7 7, aucoeurdavignon.com. Ouvert du jeudi au samedi, de 18 heures à 1 heure.

# Bien placés

On recommande Les Célestins et Le Comptoir Saint-Didier, deux cafés dont les terrasses donnent sur les très belles places des Corps-Saints (au pied de l’église des Célestins) et Saint-Didier.

Les Célestins, 38, place des Corps-Saints, Avignon, 04-90-81-06-57.

Le Comptoir Saint-Didier, 1, place Saint-Didier, Avignon, 04-32-74-17-70.

Les boîtes de nuit

#Faire la fête

Depuis que le Bokao’s est parti en fumée en avril dernier, il ne reste plus guère que les Ambassadeurs en ville pour aller faire la fête. Grande piste de danse pour la jeunesse locale et les touristes. Le site internet de ce haut lieu des nuits avignonnaises vous promet un cadre « chic & kosy » (sic).

Les Ambassadeurs, 27, rue Bancasse, Avignon, 04-90-86-31-55, clublesambassadeurs.fr. Ouvert du jeudi au samedi et les veilles de jours fériés.

# Liberté chérie

L’Esclave Bar est l’institution gay du centre-ville, l’un des rares endroits où l’on peut faire la fête tard tous les soirs. Les hétéros y sont les bienvenus et s’y amusent tout autant. Les soirées Power Flower ou Love&Peace peuvent être, dit-on, complètement déjantées…

L’Esclave Bar, 16, rue Limas, Avignon, 04-90-85-14-91. Ouverture à 23h45.

 


 

Alexandre Duyck

https://o.nouvelobs.com/voyage/20180705.OBS9235/avignon-toutes-les-bonnes-adresses-des-inities.html#xtor=EPR-2-[ObsActu17h]-20180708